Comment le fait de croire qu’un système peut changer vous aide à apprendre à le haïr

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Comment le fait de croire qu’un système peut changer vous aide à apprendre à le haïr

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article How believing a system can change helps you learn to hate it publié sur le site Peer-reviewed by my neurons le 21 février 2012 (trad. Kyung-Nan Jaumin).

En général, les gens essaient d’éviter d’entendre des choses négatives à leur propos. Lorsque ces critiques concernent des caractéristiques qui ne peuvent pas être modifiées, les gens essaient vraiment de les éviter. À la lumière de ce comportement, les psychologues de Université d’État de l’Ohio India Johnson et Kentaro Fujita se sont posé une question intéressante : si la « modifiabilité » influence le fait que nous choisissons de considérer l’information négative nous concernant, pourrait-elle également affecter le fait que nous choisissons de considérer les informations négatives sur les systèmes auxquels nous appartenons ?

Johnson et Fujita ont testé leur hypothèse en donnant à des participants une anecdote concernant l’orientation des étudiants à l’Université d’État de l’Ohio. Certains participants ont lu une anecdote à propos d’un étudiant qui essayait d’implémenter des changements les activités d’orientation et réussissait finalement à apporter les changements souhaités. D’autres participants ont lu une anecdote à propos d’un étudiant qui essayait d’implémenter des changements, mais ne réussissait finalement pas à apporter les changements souhaités. Après avoir lu l’histoire, les participants ont eu l’opportunité de voir des informations positives ou négatives à propos de leur université.

Comme prévu, les participants dans la condition de basse modifiabilité ont été moins susceptibles de choisir de voir les informations négatives à propos de leur université. Parce qu’ils se sont sentis coincés dans leur système, leurs réactions ont été motivées par la justification du système. Au même moment, les participants dans la condition de modifiabilité élevée ont été plus susceptibles de choisir de voir l’information négative. Le sentiment que le changement était possible les ont fait réagir avec ce que Johnson et Fujita appellent la « motivation à changer le système ».

A un niveau général, l’étude pourrait aider à expliquer la nature contagieuse des révolutions qui ont lieu de par le monde. Quand les gens perçoivent qu’un gouvernement inébranlable peut être renversé, ils sont plus enclins à chercher des informations négatives sur leur propre gouvernement parce que cette négativité semble moins permanente. Cela crée une boucle de rétroaction positive étant donné que plus de changement politique mène à plus de connaissances, connaissances qui elles-mêmes sèment le désir de changement politique.

Une autre chose que l’étude fait apparaître, c’est qu’il est important pour les politiciens qui n’exercent pas de mandat de convaincre les gens qu’ils ont une chance de gagner. Par exemple, imaginez que vous êtes un challenger (p. ex. Rick Santorum) s’attaquant à un politicien en fonction ou à un représentant du système (p. ex. Mitt Romney). Si les électeurs croient qu’ils sont coincés dans le système actuel (Romney), ils ignoreront vos annonces négatives parce qu’ils seront motivés par la justification du système. Toutefois, si vous arrivez à convaincre les électeurs que le changement est une possibilité réelle, la motivation à changer le système prendra le dessus et les électeurs seront plus ouverts à entendre des informations négatives sur le système actuel. (Tout ceci repose sur l’hypothèse qu’un élu peut être conceptualisé comme un système, mais ça semble fonctionner dans certains cas).

Référence de la recherche scientifique originale :

  • Johnson, I. R., & Fujita, K. (2012). Change we can believe in: Using perceptions of changeability to promote system-change motives over system-justification motives in information search. Psychological Science, 23(2), 133-140.
    [lien]
By |12/03/2012|Categories: Actualités|0 Comments

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