Interagir par SMS affecte la capacité à interpréter les mots

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Interagir par SMS affecte la capacité à interpréter les mots

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article Texting affects ability to interpret words publié sur le site Science Daily le 16 février 2012 (trad. Kyung-Nan Jaumin).

Une recherche visant à comprendre les effets des messages textes sur le langage a découvert que les SMS

[NdT : en France, on utilise le terme texto] ont un impact négatif sur la capacité linguistique des gens à interpréter et à accepter de nouveaux mots comme étant des mots existants.

L’étude, conduite par Joan Lee pour son mémoire de master en linguistique, a révélé que les gens qui écrivaient davantage de SMS acceptaient moins les nouveaux mots. Par ailleurs, ceux qui lisaient plus de médias traditionnels tels que des livres, des magazines, et des journaux acceptaient davantage ces mêmes mots.

L’étude a interrogé des étudiants universitaires sur leurs habitudes de lecture, y compris les messages textes, et leur a présenté une variété de mots aussi bien réels que fictifs.

« Notre hypothèse à propos de l’envoi de SMS est qu’il encourage le langage spontané. Mais l’étude a montré qu’il s’agit d’un mythe », rapporte Lee. « Les gens qui ont accepté le plus de mots l’ont fait parce qu’ils étaient plus à même d’interpréter le sens du mot, ou de tolérer le mot, même s’ils ne le reconnaissaient pas. Les étudiants qui ont rapporté envoyer plus de SMS ont rejeté plus de mots plutôt que de les reconnaître comme des mots plausibles ».

Lee suggère que la lecture de médias traditionnels expose les gens à une variété et à une créativité dans le langage qui n’ont pas été retrouvées dans l’envoi habituel de messages textes d’une personne à une autre chez les jeunes ou dans la « génération SMS ». Elle rapporte que la lecture encourage la flexibilité dans l’utilisation du langage et la tolérance face à différents mots. Cela aide les lecteurs à développer des compétences qui leur permettent de générer des interprétations des mots nouveaux ou inhabituels.

« En contraste, l’usage des SMS est associé à des contraintes linguistiques rigides qui ont amené les étudiants à rejeter un grand nombre de mots de l’étude », rapporte Lee. « C’est surprenant, car il y a beaucoup d’orthographes peu communes ou de formulations particulières telles que « LOL » dans le langage SMS.

Lee pense que, pour les personnes qui envoient beaucoup de SMS, la fréquence est un facteur important dans l’acceptabilité des mots.

« Certaines formulations particulières représentent de vrais mots qui sont largement connus par les personnes qui utilisent le langage SMS », dit-elle. « Beaucoup de mots présentés dans l’étude ne sont pas largement connus et n’ont pas été jugés comme acceptables par les participants de l’étude qui utilisaient davantage le langage SMS ou lisaient moins des médias traditionnels ».

Référence de la recherche scientifique originale :

  • Lee, J. H. (2011). What does txting do 2 language? The influences of exposure to messaging and print media on acceptability constraints (Master’s Thesis). Available from ProQuest Dissertations and Theses database. (UMI No. MR75222) [lien]
By |02/03/2012|Categories: Actualités|0 Comments

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