Les conversations en ligne des pédophiles deviennent sexualisées en 2 minutes

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Les conversations en ligne des pédophiles deviennent sexualisées en 2 minutes

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article Paedophiles’ online chats become sexualised within two minutes, says new study publié sur le site AlphaGalileo Foundation le 17 avril 2012 (trad. Kyung-Nan Jaumin).

Les pédophiles en ligne abandonnent le processus traditionnel d’approche et passent à des conversations hautement sexualisées avec les enfants des salles de chat en deux minutes, selon une recherche de l’Université de Kingston et du National Center for Social Research (Royaume-Uni).

Cette nouvelle mise en garde destinée aux parents vient d’une étude de trois ans financée par la Commission européenne, le European Online Grooming Project, qui a examiné les méthodes et les comportements des prédateurs en ligne. Elle a impliqué un examen détaillé des sessions de chat de délinquants sexuels condamnés, sessions fournies par la police britannique et la police italienne, ainsi que des entretiens détaillés réalisés avec des hommes pédophiles reconnus coupables de prédation en ligne au Royaume-Uni, en Belgique et en Norvège. Les chercheurs ont eu un accès sans précédent aux délinquants britanniques par le biais du Her Majesty’s Prison Service.

De même que l’utilisation des réseaux sociaux, le rapport met en lumière comment les plateformes de jeu comme Xbox Live et PlayStation Network sont aussi utilisées pour cibler les enfants, et particulièrement les garçons.

« Il ressort clairement des récentes sessions de chat auxquels nous a donné accès la police que la conversation entre un délinquant en ligne et un enfant peut maintenant devenir sexualisée en deux minutes » a déclaré le Professeur Julia Davidson, expert en criminologie à  l’Université de Kingston, un des auteurs de l’étude. « Sur les réseaux sociaux, si l’enfant ne répond pas, le délinquant passera tout simplement à un autre enfant. Au cours de nos interviews, les délinquants ont dit qu’ils n’avaient pas besoin de se compliquer la vie avec toute une stratégie d’approche quand ils pouvaient demander immédiatement aux enfants d’avoir du sexe ou de les rencontrer de façon à abuser d’eux ».

Bien qu’il y ait encore des preuves d’une approche plus longue dans certains cas, le résultat final du chat sexualisé était souvent un rendez-vous physique. Ces rendez-vous avaient lieu dans des hôtels, des parkings, des parcs, des arrêts de bus ou même la chambre du délinquant ou de la victime. L’étendue de l’activité de certains pédophiles les amenait à être en ligne jusqu’à six heures par jour, en dehors du travail. Beaucoup effectuaient des « expéditions de pêche » dans lesquels ils ajoutaient des centaines d’enfants comme personnes-ressources sur les sites de réseaux sociaux et utilisaient leur liste jusqu’à trouver un enfant prêt à interagir avec eux.

« Parfois les délinquants ont plusieurs enfants en ligne de mire à la fois, et certains pédophiles endossent plusieurs identités différentes », a ajouté le Professeur Davidson. « Ils conservent de nombreuses conversations différentes et conservent des notes méticuleuses sur chaque enfant d’une façon très calculatrice ».

La recherche a également révélé que certains jeunes avaient encore une vision très stéréotypée des prédateurs en ligne. « Les jeunes les voient comme des « hommes gros et vieux » – une perception que notre recherche a démenti », dit Stephen Webster, chef de la Crime and Justice Research  au National Center for Social Research et leader du European Online Grooming project. « Les prédateurs en ligne auxquels nous avons parlé étaient de tous les âges et certains d’entre eux modifiaient significativement leur identité quand ils ciblaient un jeune ».

Un autre problème identifié se situe dans le fait que les jeunes ajoutent parfois des personnes qu’ils ne connaissent pas comme amis sur réseaux sociaux. « De nombreux jeunes éprouvent un sentiment de compétition pour les amis lorsqu’ils réseautent, de sorte que les pages de profil et l’identification des détails sont facilement disponibles en ligne », a ajouté M. Webster. « Les prédateurs nous ont dit qu’ils utilisaient cette information pour les aider à identifier les victimes potentielles. L’industrie d’Internet peut également aider, en protégeant par défaut les comptes avec les paramètres de confidentialité les plus élevés lorsqu’ils sont configurés pour la première fois ».

Aux parents inquiets, le Professeur Davidson suggère que les mesures à prendre dépendent de l’âge de l’enfant. « Avec les enfants plus jeunes, mettez en place un contrôle parental de base sur tous les ordinateurs et ne laissez pas les enfants s’inscrire sur les réseaux sociaux avant 13 ans », dit-elle. « Avec les enfants plus âgés, il est important d’avoir un dialogue avec eux à propos des dangers potentiels, mais sans les effrayer ».

By |18/05/2012|Categories: Actualités|0 Comments

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