Trop se demander comment « apprendre de ses erreurs » peut rendre malheureux

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Trop se demander comment « apprendre de ses erreurs » peut rendre malheureux

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article Too much focus on ‘learning from failure’ can make us unhappy publié sur le site BPS Occupational Digest le 2 avril 2012 (trad. Kyung-Nan Jaumin).

Selon une nouvelle étude, quand nous échouons, ce que nous ressentons et ce que nous finissons par apprendre de cet échec dépend de notre stratégie d’adaptation. En particulier, se concentrer exclusivement sur « l’apprentissage par erreur » pourrait nous rendre malheureux au cours du processus.

Cette recherche

[1] a exploré les expériences de scientifiques au travail, le chercheur Dean Shepherd et ses collègues soulignant comment ce domaine implique le fait de faire face à des échecs décevants, comme par exemple le faible taux de succès des mises sur le marché de médicaments.

Les chercheurs ont personnellement contacté des employés d’institutions allemandes qui travaillaient dans des domaines tels que la pharmacie, la zoologie et vieillissement, 257 scientifiques ayant finalement rempli les enquêtes contenant des mesures standardisées et mises au point récemment. L’équipe s’intéressait aux conséquences des échecs : positives, dans la manière d’apprendre comment mieux exécuter les projets à venir ou comment traiter ses collègues lorsque leur travail stagne, et les retombées émotionnelles négatives qui amènent à éviter les travailleurs de l’équipe du projet ou à des sentiments de déception. Les deux sont vitaux, puisque l’apprentissage crée des connaissances organisationnelles et que les émotions négatives sont associées à un plus faible engagement émotionnel envers l’organisation – une conclusion observée dans cette étude.

L’apprentissage sur la base d’un échec est plus élevé lorsque plus de temps s’est écoulé depuis l’échec en question, ce qui suggère que le temps permet une meilleure mise en perspective et une meilleure compréhension. L’apprentissage est également influencé par la stratégie d’adaptation ou « orientation » des répondants : ceux qui ont répondu par l’affirmative aux affirmations telles que « Dans mon esprit, je passe souvent en revue les événements menant à l’échec du projet » sont considéré comme ayant une orientation vers la perte élevée, et ces individus ont rapporté des niveaux plus élevés d’apprentissage sur la base d’un échec.

Cependant, au fil du temps, les répondants avec une orientation vers la perte élevée basculaient d’un faible niveau d’émotions négatives à un niveau élevé, ce qui suggère qu’une réflexion saine cède le pas à la rumination inutile. L’orientation vers la restauration, une autre stratégie illustrée par l’affirmation « Je garde mon esprit actif, donc il ne se focalise pas sur l’échec du projet », est associée à des niveaux inférieurs d’émotions négatives, mais ne fournit pas le coup de boost en termes d’apprentissage fourni par une préoccupation par rapport à la perte. Une troisième stratégie, l’orientation vers l’oscillation, implique la volonté de passer activement d’un état d’esprit à l’autre, ce qui permet à l’esprit de se reposer avant de réfléchir au projet. L’utilisation de cette stratégie a conduit à la fois à plus d’apprentissage et à une diminution des émotions négatives.

Aussi important soit-il d’apprendre de nos erreurs, en faire notre focus dominant peut s’avérer contre-productif. Les auteurs préconisent de donner plus d’espace à une approche restauratrice, d’accepter qu’il peut être bon ne pas à penser à l’échec et d’alterner activement les états d’esprits afin de recueillir des idées tout en améliorant son attitude à l’égard du projet au fil du temps. Leurs données montrent également qu’une culture qui considère les échecs comme normaux, les prenant calmement, conduit à réduire les émotions négatives dans l’ensemble. Il existe donc aussi des mesures que les organisations peuvent prendre.

Référence de l’article scientifique original :

  • Shepherd, D., Patzelt, H., & Wolfe, M. (2011). Moving forward from project failure: Negative emotions, affective commitment, and learning from the experience. The Academy of Management Journal, 54(6), 1229-1259 [lien]
By |04/05/2012|Categories: Actualités|0 Comments

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