Que ressentent les femmes et les filles quand elles voient des images sexualisées ou sportives d’athlètes féminines ?

Home/Actualités/Que ressentent les femmes et les filles quand elles voient des images sexualisées ou sportives d’athlètes féminines ?

Que ressentent les femmes et les filles quand elles voient des images sexualisées ou sportives d’athlètes féminines ?

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article How do women and girls feel when they see sexualised or sporty images of female athletes? publié sur le site BPS Research Digest le 29 mars 2012 (trad. Kyung-Nan Jaumin).

L’effet potentiellement néfaste des modèles ultra-minces et des célébrités féminines retouchées sur l’image corporelle et l’estime de soi des femmes est bien documenté. La participation croissante des femmes dans le sport professionnel pourrait-elle inciter les médias à présenter les modèles féminins sous une lumière différente et plus avantageuse ? Des éléments anecdotiques suggèrent que ce n’est pas le cas. Pour prendre un exemple, avant les Jeux olympiques d’hiver de 2010, les snowboardeuses et skieuses olympiques sont apparues sur la couverture de Sports Illustrated – vous l’aurez deviné – en bikini. Une récente étude menée auprès de 258 collégiennes et 171 étudiantes par Elizabeth Daniels a étudié comment les femmes et les filles se sentent quand elles voient des images sexualisées d’athlètes féminines.

Les participantes ont été assignées à une des conditions expérimentales. Dans une première condition, elles regardaient cinq images d’athlètes féminines dans un contexte sportif dans leur tenue sportive complète (la joueuse de basket-ball Anne Strother, la skateuse Jen O’Brien, la joueuse de tennis Jennifer Capriati, la surfeuse Lisa Anderson, et la footballeuse Mia Hamm). Dans une seconde condition, elles regardaient cinq images d’athlètes féminines dans un contexte sexualisé et laissant apparaître beaucoup de peau (la joueuse de basket-ball Lauren Jackson, la patineuse Ekaterina Gordeeva, la nageuse Jenny Thompson, la joueuse de softball Jenny Finch, et la joueuse de tennis Anna Kournikova). Dans une troisième condition, elles regardaient cinq images de mannequins de magazines en bikini à qui on avait donné des noms au hasard.

Après avoir regardé la première et la dernière des cinq photographies qui leur avaient été attribuées (Lauren Jackson et Anna Kournikova dans la condition des athlètes sexualisées ; Anne Strother et Mia Hamm dans la condition athlètes sportives), les participantes ont été invitées à rédiger un paragraphe « décrivant la femme sur la photo et expliquant ce que cette photo vous fait ressentir ».

La résultat principal est que les collégiennes et les étudiantes qui avaient vu les images des athlètes sexualisées ont eu tendance à dire qu’elles admiraient ou étaient jalouses des corps des athlètes. Elles ont fait des commentaires sur le sex-appeal des athlètes et elles ont évalué leurs propres corps négativement. Certaines ont également trouvé les images inappropriées. Les participantes qui avaient vu les modèles en bikini glamour ont répondu de la même façon, sauf qu’elles ont rarement commenté le caractère inapproprié des images, comme si elles avaient fini par accepter que les femmes soient représentées de cette façon. Selon Daniels, les images sexy d’athlètes féminines « ne sont sans doute pas plus enclines à inciter les femmes qui les regardent à réfléchir sur leur engagement dans une activité physique ou sur leur appréciation du sport que les images sexualisées de mannequins ».

En contraste, les participantes qui avaient vu les athlètes féminines dans un contexte sportif ont eu tendance à faire des commentaires relatifs à la détermination, à la passion et à l’engagement des athlètes. Elles ont écrit se sentir motivées à pratiquer un sport et elles ont réfléchi sur leur propre participation sportive ou aux sports qu’elles suivaient. « Injecter davantage d’images de performance des athlètes féminines dans les médias pourrait être utile pour promouvoir l’activité physique chez les filles et jeunes femmes », rapporte Daniels. « Actuellement, les athlètes féminines sont largement absentes des revues destinées aux adolescentes ».

Référence de l’article scientifique original :

  • Daniels, E. (2012). Sexy versus strong: What girls and women think of female athletes. Journal of Applied Developmental Psychology, 33(2), 79-90.
    [lien]
By |27/04/2012|Categories: Actualités|0 Comments

Share This Story, Choose Your Platform!

About the Author:

Leave A Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.