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L’intelligence est un meilleur prédicteur de la réussite professionnelle future que le statut socio-économique

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article Intelligence Is More Accurate Predictor of Future Career Success Than Socioeconomic Background, Study Suggests publié sur le site ScienceDaily le 29 mars 2012 (trad. Kyung-Nan Jaumin).

La sagesse populaire nous dit que, dans le monde des affaires, « on est qui on connaît » – le statut social et les réseaux professionnels l’emportent sur le talent quand il s’agit de réussite professionnelle. Cependant, selon un chercheur de l’Université de Tel Aviv, avoir les bonnes relations permet seulement de mettre le pied dans la porte. Votre réussite vous appartient entièrement, dit le Professeur Yoav Ganzach de la Recanati School of Management de l’Université de Tel Aviv.

Lorsque l’intelligence et le statut socio-économique (SSE) sont comparés directement l’un à l’autre, l’intelligence est un indicateur plus précis de la réussite professionnelle future, affirme-t-il. Bien que les gens issus d’une famille riche ont tendance à démarrer plus haut dans la hiérarchie des salaires à l’entrée en fonction, la recherche du Professeur Ganzach a découvert une corrélation directe entre l’intelligence et une trajectoire de salaire à la hausse, définie comme le taux auquel un employé est récompensé par des augmentations de salaire.

Le Professeur Ganzach affirme que ces résultats, publiés dans la revue Intelligence, donnent un message positif à ceux qui ne peuvent pas compter sur le népotisme pour leurs premiers emplois. « Votre famille peut vous aider à lancer votre carrière et vous en tirez avantage, mais elle ne vous permet pas de progresser. Et une fois que vous commencez à travailler, vous pouvez aller partout où vos capacités vous mènent », dit-il.

Le QI influence le salaire

Pour son étude, le Professeur Ganzach a analysé les données de la National Longitudinal Survey of Youth ayant porté sur 12.868 américains entre 1979 et 2004. Les participants ont eu des entretiens annuels ou semestriels en relation avec les promotions et les revenus. De ce groupe, il a éliminé tous les participants qui avaient fait des études au-delà du secondaire, veillant à ce que l’intelligence et le SSE soient les seuls facteurs dans la comparaison.

L’intelligence a été calculée en utilisant les résultats de l’Armed Forces Qualifying Test de chaque participant, et le SSE a été calculé en se basant sur le niveau d’étude des parents, le revenu familial et la situation professionnelle des parents. En suivant les participants sur plus de 25 ans, du début jusqu’au milieu de leur carrière, il a été possible d’obtenir une vision exacte de l’influence de chaque facteur sur leur réussite économique, rapporte le Professeur Ganzach.

En tenant compte des taux d’avancement de chaque participant tout au long de la carrière, les données ont confirmé que, tandis que l’intelligence et le SSE influençaient tous les deux les salaires à l’entrée en fonction, seule l’intelligence avait une influence sur le rythme des augmentations de salaire au cours des années. Quand on regarde les taux de promotion, l’intelligence l’emporte sur le SSE en terme d’avancement de carrière.

La personnalité et le travail en équipe pourraient jouer un rôle

Une des limites de l’étude, explique le Professeur Ganzach, est qu’elle ne tient pas compte d’autres variables possibles, telles que la personnalité, les compétences sociales et la capacité à travailler en groupe – tous des facteurs qui influent sur la promotion. Des recherches ultérieures pourraient également s’intéresser à différentes mesures de la réussite, telles que la réussite professionnelle ou la satisfaction au travail, et examiner si ces résultats s’appliquent également aux employés avec des niveaux d’éducation différents, tels que les diplômés d’université.

Référence de l’article scientifique original :

  • Ganzach, Y. (2011). A dynamic analysis of the effects of intelligence and socioeconomic background on job-market success. Intelligence, 39(2-3), 120-129.
    [lien]

By |20/04/2012|Categories: Actualités|0 Comments

La confiance en soi est nécessaire à la maîtrise de soi

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article Positive self-worth necessary for self-control publié sur le site PsychCentral le 16 mars 2012 (trad. Kyung-Nan Jaumin).

Une nouvelle étude (Townsend & Liu, in press) suggère que la raison pour laquelle beaucoup de gens échouent dans leurs tentatives pour améliorer leur maîtrise de soi est un manque de confiance en leurs capacités actuelles. Le manque de confiance mène à une détresse émotionnelle quand les gens essaient de mettre en œuvre leur plan visant à atteindre de nouveaux objectifs.

Par exemple, la planification de votre régime alimentaire ne va pas vraiment vous aider à acquérir une maîtrise de vous-même, à moins que vous ne vous sentiez bien avec votre poids de départ.

De façon intéressante, le concept s’applique à de nombreuses activités, même pour les stratégies visant à économiser de l’argent.

« Bien que la planification tende à aider la maitrise de soi chez ceux qui sont en accord avec leurs objectifs à long terme, ceux qui se perçoivent comme étant en décalage avec leurs objectifs s’avère avoir une moins bonne maîtrise de soi après la planification qu’en l’absence de planification », rapportent les auteurs Claudia Townsend et Wendy Liu.

Les auteurs ont trouvé que faire un planning concret pour la mise en œuvre d’objectifs génère une détresse émotionnelle chez les gens qui croient qu’ils ne sont pas en accord avec leurs objectifs ce qui, à son tour, sape leur motivation à s’autoréguler.

Dans cinq études, les auteurs ont aléatoirement assigné les participants à une condition avec planification ou sans planification.

Dans les études sur l’alimentation, les personnes dans la condition de planification ont été invitées à planifier leur régime alimentaire et leur nourriture pour le reste de la journée, tandis que celles dans la condition de non-planification ne devaient pas le faire. Ensuite, tous les participants se sont vu offrir une collation.

Dans certaines études, les participants devaient choisir entre des raisins secs et une friandise. Dans une autre étude, il fallait choisir entre des cookies et aucune collation.

« Ce que nous avons trouvé, c’est que, parmi les répondants qui se sentaient bien avec leur poids, la planification a conduit à des choix plus sains — le choix des collations plus saines dans le premier cas ou aucune collation dans le deuxième cas », écrivent les auteurs.

« Cependant, le résultat étonnant a été que, parmi les répondants qui ne se sentaient pas bien avec leur poids (qui se considéraient en surpoids), ceux qui avaient planifié étaient effectivement plus susceptibles de choisir la collation moins saine dans le premier cas ou les cookies dans le second cas ».

Cet effet s’est aussi avéré vrai lorsqu’il s’agissait de planification financière.

Lorsqu’ils recevaient un remboursement sur leurs impôts, les consommateurs qui avaient confiance en leurs économies étaient moins susceptibles de dépenser le remboursement après la planification qu’en l’absence de planification. En contraste, les personnes qui n’avaient pas confiance en leurs économies étaient plus susceptibles de dépenser l’argent du remboursement après la planification.

« En général, les personnes supposent que la planification les aidera à atteindre leur objectif », écrivent les auteurs. « Néanmoins, cette recherche donne à penser qu’avoir une image positive de soi est tout aussi important, sinon plus ».

Référence de l’article scientifique original :

  • Townsend, C., & Liu, W. (in press). Is planning good for you? The differential impact of planning on self-regulation. Journal of Consumer Research.
    [lien]
Townsend, C., Liu, W. Is Planning Good for You? The Differential Impact of Planning on Self-Regulation. Journal of Consumer Research.

By |13/04/2012|Categories: Actualités|0 Comments
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L’expérience du klaxon : pouvez-vous prédire votre comportement au volant ?

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article The honking experiment: Can you predict your driving behaviour? publié sur le site PsyBlog le 15 mars 2012 (trad. Jean-Baptiste Dayez).

Si la voiture devant vous ne démarre pas quand le feu devient vert, klaxonnez-vous et il cela dépend-il du prix de la voiture ?

Le rédacteur de PsyBlog a posé à ses lecteurs la question suivante :

Imaginez que vous êtes dans votre voiture et attendez à un feu rouge derrière une autre voiture. Le feu devient vert, mais la voiture de devant ne bouge pas. Douze secondes s’écoulent. Pensez-vous que seriez plus enclin à klaxonner si la voiture est une vieille Ford ou si c’est une Porsche flambant neuve ?

1.313 personnes ont participé et les résultats se sont avérés clairs. Voici ce que ses lecteurs ont dit : 781 personnes ont pensé qu’elles seraient plus enclines à klaxonner la voiture haut de gamme, et 532 ont indiqué que ce serait la voiture bas de gamme.

Statistiquement, c’est une différence significative, ce qui signifie qu’on ne peut pas s’attendre à obtenir de pareils résultats par hasard, ce qui signifie probablement que quelque chose a effectivement lieu.

Maintenant regardons les chiffres par genre :

  • Hommes, voiture haut de gamme : 408
  • Hommes, voiture bas de gamme : 331
  • Femmes, voiture haut de gamme: 373
  • Femmes, voiture bas de gamme : 201

Le pattern observé est donc le même chez les hommes et chez femmes, bien qu’il soit plus fort pour les femmes (à nouveau, les différences au sein des genres sont significatives).

Pour de vrai

C’est exactement le résultat que prévoyais le rédacteur de PsyBlog car, quand Doob et Gross (1968) ont posé cette question à des participants, ils ont obtenu un résultat similaire. Davantage de gens pensaient qu’ils klaxonneraient la voiture haut de gamme.

La différence, c’est que Doob et Gross (1968) ont effectué l’expérience pour de vrai. En plus de poser la question, ils ont voulu voir ce que les gens feraient vraiment dans la situation. Ils ont demandé à des conducteurs de faire s’arrêter à des carrefours dans des voitures chères ou bon marché et d’attendre pour voir si la personne derrière klaxonnait.

Dans l’ensemble, ce qu’ils ont trouvé, c’est que, quand la voiture était bas de gamme, 84 % de conducteurs ont klaxonné au moins une fois endéans 12 secondes. Mais, quand la voiture était haut de gamme, seulement 50 % de conducteurs ont klaxonné. En effet, les gens ont klaxonné plus rapidement et plus souvent la voiture bas de gamme. Ces résultats ont été également répliqués dans une étude ultérieure (Deaux, 1971).

Ainsi, dans la réalité, la tendance collective des gens était l’inverse exact de leur prédiction et aussi de ce que les lecteurs de PsyBlog avaient prédit.

Pourquoi ?

L’explication de la raison pour laquelle les gens klaxonnent moins les voitures haut de gamme est simple.

C’est la même raison que celle pour laquelle vous ne dites pas à votre patron ce que vous pensez vraiment : inconsciemment (ou consciemment) nous craignons ce que les personnes de statut élevé peuvent nous faire. Nous pouvons être frustrés par la voiture de devant qui s’arrête au vert, mais cet frustration est inhibée par tout élément indiquant que le conducteur de la voiture a un statut élevé.

Le statut est juste un exemple de la façon dont notre comportement agressif est influencé par les aspects de la situation. Par exemple, les gens sont généralement moins agressifs envers les personnes polies et plus agressifs envers des membres de leur propre sexe (Harris, 1974).

Dès lors, comment expliquez-vous la prédiction imprécise que font les gens ? Peut-être aimons-nous penser que nous ne sommes pas effrayés par autorité, que les gens qui sont plus riches n’ont aucun effet sur nous et, dès lors, nous compensons trop. D’autre part, nous nous ressentons peut-être plus d’affinité avec le conducteur de la voiture moins chère – ils nous ressemblent davantage.

Quelle que soit l’explication, c’est un bon exemple de la façon dont nos prédictions de notre propre comportement peuvent être biaisées dans la mauvaise direction. C’est également un bon exemple des cas où la majorité a tort.

Référence des articles scientifiques originaux :

  • Deaux, Kay K. (1971). Honking at the intersection: A replication and extension. The Journal of Social Psychology, 84(1), 159-160. [lien]
  • Doob, A. N., & Gross, A. E. (1968). Status of frustrator as an inhibitor of horn-honking responses. The Journal of Social Psychology, 76(2), 213-218. [lien]
  • Harris, M. B. (1974). Mediators between frustration and aggression in a field experiment. Journal of Experimental Social Psychology, 10(6), 561-571. [lien]
Townsend, C., Liu, W. Is Planning Good for You? The Differential Impact of Planning on Self-Regulation. Journal of Consumer Research.

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By |06/04/2012|Categories: Actualités|0 Comments

Les tests à choix multiples : pourquoi vous en tenir à votre première réponse est (probablement) une erreur

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article Multiple-choice tests: Why sticking with your first answer is (probably) wrong publié sur le site PsyBlog le 7 février 2012 (trad. Kyung-Nan Jaumin).

Quelle est la meilleure stratégie pour passer un test à choix multiples ?

Le conseil habituel pour les tests à choix multiples est : en cas de doute, tenez-vous en à votre première réponse.

Les étudiants universitaires le croient : environ 75 % s’accordent sur le fait que changer votre premier choix fera baisser votre score global (Kruger et al., 2005 ). Les enseignants le croient également : dans une étude, 55 % d’entre eux pensaient que cela ferait baisser les scores des élèves alors que seuls 16 % pensaient que cela permettrait de les améliorer.

Et pourtant, c’est faux.

Une revue de 33 études différentes effectuées sur plus de 70 ans a révélé que, en moyenne, les personnes qui changent leurs réponses font mieux que celles qui ne le font pas (Benjamin et al., 1984). Dans aucune de ces études les personnes n’ont obtenu un score inférieur parce qu’elles ont changé d’avis.

Les études, les unes après les autres, montrent que, lorsque vous modifiez votre réponse dans un test à choix multiples, vous êtes plus susceptible de les changer de mauvaise à bonne que de bonne à mauvaise. Dès lors, garder votre première réponse est en fait, en moyenne, la mauvaise stratégie.

Pourquoi tant de gens (y compris ceux qui devraient le savoir, comme les auteurs de guides de préparation de test) continuent-ils à dire que vous devez vous en tenir à votre première réponse ? Kruger et al. (2005) soutiennent que c’est en partie parce qu’il est plus douloureux d’obtenir une mauvaise réponse parce que vous l’avez modifiée que d’en avoir une parce que vous ne l’avez pas changée.

Nous avons donc tendance à retenir beaucoup plus clairement les moments où nous avons changé une bonne réponse en une mauvaise. Et, de ce fait, lors d’un test, nous prévoyons le regret que nous ressentirons et nous convainquons que notre première impression est probablement la bonne (alors que ce n’est probablement pas le cas).

Référence de l’article scientifique original :

  • Kruger, J., Wirtz, D., & Miller, D. (2005). Counterfactual thinking and the first instinct fallacy. Journal Of Personality And Social Psychology, 88(5), 725-735.
    [lien]
Le conseil habituel pour les tests à choix multiples est : en cas de doute, tenez-vous en à votre première réponse.

Les étudiants universitaires le croient : environ 75 % s’accordent sur le fait que changer votre premier choix fera baisser votre score global (Kruger et al., 2005 ). Les enseignants le croient également : dans une étude, 55 % d’entre eux pensaient que cela ferait baisser les scores des élèves alors que seuls 16 % pensaient que cela permettrait de les améliorer.

Et pourtant, c’est faux.

Une revue de 33 études différentes effectuées sur plus de 70 ans a révélé que, en moyenne, les personnes qui changent leurs réponses font mieux que celles qui ne le font pas (Benjamin et al., 1984 ). Dans aucune de ces études les personnes n’ont obtenu un score inférieur parce qu’elles ont changé d’avis.

Les études, les unes après les autres, montrent que, lorsque vous modifiez votre réponse dans un test à choix multiples, vous êtes plus susceptible de les changer de mauvaise à bonne que de bonne à mauvaise. Dès lors, garder votre première réponse est en fait, en moyenne, la mauvaise stratégie.

Pourquoi tant de gens (y compris ceux qui devraient le savoir, comme les auteurs de guides de préparation de test) continuent-ils à dire que vous devez vous en tenir à votre première réponse ? Kruger et al. (2005) soutiennent que c’est en partie parce qu’il est plus douloureux d’obtenir une mauvaise réponse parce que vous l’avez modifiée que d’en avoir une parce que vous ne l’avez pas changée.

Nous avons donc tendance à retenir beaucoup plus clairement les moments où nous avons changé une bonne réponse en une mauvaise. Et, de ce fait, lors d’un test, nous prévoyons le regret que nous ressentirons et nous convainquons que notre première impression est probablement la bonne (alors que ce n’est probablement pas le cas).

By |30/03/2012|Categories: Actualités|0 Comments

Facebook ou Twitter : ce que votre choix en matière de réseaux sociaux dit de vous

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article Facebook or Twitter: What does your choice of social networking site say about you? publié sur le site BPS Research Digest le 2 février 2012 (trad. Kyung-Nan Jaumin).

Les réseaux sociaux ont changé nos vies. En 2011, il y avait 500 millions d’utilisateurs actifs de Facebook et environ 200 millions de comptes Twitter. Comme les utilisateurs le savent, les sites ont des différences importantes. Facebook met davantage l’accent sur qui vous êtes et ceux que vous connaissez. Twitter limite les messages des utilisateurs à 140 caractères et est plus axé sur ce que vous dites que sur ce qui vous êtes. Une nouvelle étude (Hughes, Rowe, Batey, & Lee, 2012) explore si le fait que et la façon dont les gens utilisent ces sites est lié à leur personnalité, et s’il existe des différences entre les personnes qui préfèrent un site par rapport à l’autre.

David Hughes de la Manchester Business School et ses collègues ont interrogé 300 personnes en ligne – la plupart (70 %) d’entre elles étaient d’Europe, d’autres étaient d’Amérique du Nord, d’Asie ou d’ailleurs. Il y avait 207 femmes et les âges variaient entre 18 et 63 ans. Les participants ont répondu à des questions à propos de la manière dont ils utilisaient Facebook et Twitter et du site qu’ils préféraient. Ils ont également répondu à des questions sur leur personnalité concernant les facteurs d’extraversion, de névrosisme, de conscienciosité, d’ouverture à l’expérience et d’agréabilité du test de personnalité connu sous le nom de « Big Five », ainsi que les dimensions de sociabilité et de « besoin de cognition » (ce dernier facteur est lié au besoin des personnes d’être engagées et stimulées intellectuellement).

Le constat le plus flagrant est sans doute que la personnalité n’a en fait permis d’expliquer qu’un faible pourcentage de la variance – moins de 10 % (jusqu’à 20 % en fonction de l’âge) – de la façon dont les participants utilisaient ces sites. Cela suggère que d’autres facteurs qui n’ont pas été explorés dans l’étude, tels que l’intelligence et la motivation, ont une grande influence.

Toutefois, les liens avec la personnalité sont intéressants. Les personnes utilisant principalement Facebook dans un but social ont tendance à obtenir des scores plus élevés en sociabilité et en névrosisme (ce qui est compatible avec les recherches suggérant que les personnes timides utilisent le site pour tisser des liens sociaux et combattre la solitude). L’utilisation sociale de Twitter est corrélée avec une sociabilité et une ouverture à l’expérience plus élevées (mais pas avec le névrosisme) et avec des scores plus faibles en conscienciosité. Ceci suggère que les utilisateurs de Twitter dans un but social ne l’utilisent pas tellement pour combattre la solitude, mais plus comme une forme de procrastination sociale.

Qu’en est-il de l’utilisation de ces sites comme outils d’information ? Il y a une étonnante divergence à ce propos. Les personnes qui ont dit utiliser Facebook comme un outil d’information avaient tendance à avoir des scores plus élevés en névrosisme, en sociabilité, en extraversion et en ouverture à l’expérience, mais inférieurs en conscienciosité et en « besoin de cognition ». Les utilisateurs de Twitter comme source d’information avaient un portrait inverse : ils ont obtenu des scores plus élevés en conscienciosité et en « besoin de cognition », mais des scores moins élevés en névrosisme, en extraversion et en sociabilité. Les chercheurs ont interprété ces patterns comme suggérant que les utilisateurs de Facebook comme source d’information recherchent et partagent l’information comme un moyen d’éviter les sources les plus exigeantes sur le plan cognitif, telles que les articles de revues et les communiqués de presse. Les utilisateurs de Twitter, par contre, utilisent le site pour sa stimulation cognitive – comme un moyen de découvrir des informations utiles sans socialisation (ceci est particulièrement vrai pour les participants plus âgés).

Enfin, qu’en est-il de la préférence globale des gens pour Twitter ou Facebook ? Encore une fois, les gens qui ont obtenu les scores les plus élevés en « besoin de cognition » ont eu tendance à préférer Twitter, tandis que les personnes ayant des scores plus élevés en sociabilité, en névrosisme et en extraversion ont eu tendance à préférer Facebook. En simplifiant les résultats, on pourrait dire que Facebook est le plus social des deux sites, alors que Twitter est plus axé sur le partage et l’échange d’informations.

Ces résultats doivent être considérés avec prudence. L’échantillon était biaisé en faveur des jeunes femmes et les données étaient entièrement autorapportées. Néanmoins, les résultats suggèrent qu’il y a des différences significatives dans les profils de personnalité des personnes qui préfèrent Twitter vs. Facebook ainsi que quelques liens étonnants entre la personnalité et la façon dont les sites sont utilisés. « Des personnes différentes utilisent les mêmes sites à des fins différentes », ont déclaré les chercheurs.

Référence de l’article scientifique original :

  • Hughes, D., Rowe, M., Batey, M., and Lee, A. (2012). A tale of two sites: Twitter vs. Facebook and the personality predictors of social media usage. Computers in Human Behavior, 28(2), 561-569.
    [lien]

By |20/03/2012|Categories: Actualités|0 Comments

Comment le fait de croire qu’un système peut changer vous aide à apprendre à le haïr

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article How believing a system can change helps you learn to hate it publié sur le site Peer-reviewed by my neurons le 21 février 2012 (trad. Kyung-Nan Jaumin).

En général, les gens essaient d’éviter d’entendre des choses négatives à leur propos. Lorsque ces critiques concernent des caractéristiques qui ne peuvent pas être modifiées, les gens essaient vraiment de les éviter. À la lumière de ce comportement, les psychologues de Université d’État de l’Ohio India Johnson et Kentaro Fujita se sont posé une question intéressante : si la « modifiabilité » influence le fait que nous choisissons de considérer l’information négative nous concernant, pourrait-elle également affecter le fait que nous choisissons de considérer les informations négatives sur les systèmes auxquels nous appartenons ?

Johnson et Fujita ont testé leur hypothèse en donnant à des participants une anecdote concernant l’orientation des étudiants à l’Université d’État de l’Ohio. Certains participants ont lu une anecdote à propos d’un étudiant qui essayait d’implémenter des changements les activités d’orientation et réussissait finalement à apporter les changements souhaités. D’autres participants ont lu une anecdote à propos d’un étudiant qui essayait d’implémenter des changements, mais ne réussissait finalement pas à apporter les changements souhaités. Après avoir lu l’histoire, les participants ont eu l’opportunité de voir des informations positives ou négatives à propos de leur université.

Comme prévu, les participants dans la condition de basse modifiabilité ont été moins susceptibles de choisir de voir les informations négatives à propos de leur université. Parce qu’ils se sont sentis coincés dans leur système, leurs réactions ont été motivées par la justification du système. Au même moment, les participants dans la condition de modifiabilité élevée ont été plus susceptibles de choisir de voir l’information négative. Le sentiment que le changement était possible les ont fait réagir avec ce que Johnson et Fujita appellent la « motivation à changer le système ».

A un niveau général, l’étude pourrait aider à expliquer la nature contagieuse des révolutions qui ont lieu de par le monde. Quand les gens perçoivent qu’un gouvernement inébranlable peut être renversé, ils sont plus enclins à chercher des informations négatives sur leur propre gouvernement parce que cette négativité semble moins permanente. Cela crée une boucle de rétroaction positive étant donné que plus de changement politique mène à plus de connaissances, connaissances qui elles-mêmes sèment le désir de changement politique.

Une autre chose que l’étude fait apparaître, c’est qu’il est important pour les politiciens qui n’exercent pas de mandat de convaincre les gens qu’ils ont une chance de gagner. Par exemple, imaginez que vous êtes un challenger (p. ex. Rick Santorum) s’attaquant à un politicien en fonction ou à un représentant du système (p. ex. Mitt Romney). Si les électeurs croient qu’ils sont coincés dans le système actuel (Romney), ils ignoreront vos annonces négatives parce qu’ils seront motivés par la justification du système. Toutefois, si vous arrivez à convaincre les électeurs que le changement est une possibilité réelle, la motivation à changer le système prendra le dessus et les électeurs seront plus ouverts à entendre des informations négatives sur le système actuel. (Tout ceci repose sur l’hypothèse qu’un élu peut être conceptualisé comme un système, mais ça semble fonctionner dans certains cas).

Référence de la recherche scientifique originale :

  • Johnson, I. R., & Fujita, K. (2012). Change we can believe in: Using perceptions of changeability to promote system-change motives over system-justification motives in information search. Psychological Science, 23(2), 133-140.
    [lien]

By |12/03/2012|Categories: Actualités|0 Comments

Interagir par SMS affecte la capacité à interpréter les mots

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article Texting affects ability to interpret words publié sur le site Science Daily le 16 février 2012 (trad. Kyung-Nan Jaumin).

Une recherche visant à comprendre les effets des messages textes sur le langage a découvert que les SMS

[NdT : en France, on utilise le terme texto] ont un impact négatif sur la capacité linguistique des gens à interpréter et à accepter de nouveaux mots comme étant des mots existants.

L’étude, conduite par Joan Lee pour son mémoire de master en linguistique, a révélé que les gens qui écrivaient davantage de SMS acceptaient moins les nouveaux mots. Par ailleurs, ceux qui lisaient plus de médias traditionnels tels que des livres, des magazines, et des journaux acceptaient davantage ces mêmes mots.

L’étude a interrogé des étudiants universitaires sur leurs habitudes de lecture, y compris les messages textes, et leur a présenté une variété de mots aussi bien réels que fictifs.

« Notre hypothèse à propos de l’envoi de SMS est qu’il encourage le langage spontané. Mais l’étude a montré qu’il s’agit d’un mythe », rapporte Lee. « Les gens qui ont accepté le plus de mots l’ont fait parce qu’ils étaient plus à même d’interpréter le sens du mot, ou de tolérer le mot, même s’ils ne le reconnaissaient pas. Les étudiants qui ont rapporté envoyer plus de SMS ont rejeté plus de mots plutôt que de les reconnaître comme des mots plausibles ».

Lee suggère que la lecture de médias traditionnels expose les gens à une variété et à une créativité dans le langage qui n’ont pas été retrouvées dans l’envoi habituel de messages textes d’une personne à une autre chez les jeunes ou dans la « génération SMS ». Elle rapporte que la lecture encourage la flexibilité dans l’utilisation du langage et la tolérance face à différents mots. Cela aide les lecteurs à développer des compétences qui leur permettent de générer des interprétations des mots nouveaux ou inhabituels.

« En contraste, l’usage des SMS est associé à des contraintes linguistiques rigides qui ont amené les étudiants à rejeter un grand nombre de mots de l’étude », rapporte Lee. « C’est surprenant, car il y a beaucoup d’orthographes peu communes ou de formulations particulières telles que « LOL » dans le langage SMS.

Lee pense que, pour les personnes qui envoient beaucoup de SMS, la fréquence est un facteur important dans l’acceptabilité des mots.

« Certaines formulations particulières représentent de vrais mots qui sont largement connus par les personnes qui utilisent le langage SMS », dit-elle. « Beaucoup de mots présentés dans l’étude ne sont pas largement connus et n’ont pas été jugés comme acceptables par les participants de l’étude qui utilisaient davantage le langage SMS ou lisaient moins des médias traditionnels ».

Référence de la recherche scientifique originale :

  • Lee, J. H. (2011). What does txting do 2 language? The influences of exposure to messaging and print media on acceptability constraints (Master’s Thesis). Available from ProQuest Dissertations and Theses database. (UMI No. MR75222) [lien]

By |02/03/2012|Categories: Actualités|0 Comments

Pourquoi des sous-groupes émergent-ils, et comment le groupe peut-il rester productif ?

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article Why do subgroups emerge? And how do groups stay productive if they do? publié sur le site BPS Occupational Digest le 22 février 2012 (trad. Kyung-Nan Jaumin).

Le travail en groupe peut être agréable, satisfaisant et efficace. Pourtant, il existe de nombreuses façons dont il peut s’éloigner de l’idéal. Un ensemble d’opinions similaires peut mener à une forme de pensée unique qui amène à se précipiter sur un accord sans s’interroger sur le raisonnement sous-jacent. Mais la séparation d’un groupe en sous-groupes peut aussi mener à des difficultés. Il en faut peu pour que des sous-groupes se créent, comme l’ont montré les recherches sur les groupes minimaux, et cela crée des barrières à travers lesquelles les informations peinent à circuler, à cause de la confusion ou de l’hostilité pure et simple. Une nouvelle étude (Cronin et al., 2011) parue dans la revue Journal of Organizational Behavior explique comment deux sortes d’intégrations de groupe – au niveau de la cognition ou de l’émotion – influencent l’impact des sous-groupes de manière assez différente.

Une équipe de chercheurs menée par Matthew Cronin a regardé la performance d’étudiants en gestion réunis en équipes de 5 ou 6 participants durant un exercice de simulation d’entreprise de 14 semaines. Ils ont interrogé deux fois les 321 participants – la première fois, environ 3 semaines avant la fin de l’exercice et une nouvelle fois à la fin de l’exercice – afin de déterminer dans quelle mesure les groupes avaient formé des sous-groupes et dans quelle mesure les participants étaient avaient l’impression d’appartenir à l’équipe.

Les chercheurs ont également pris deux mesures de l’intégration : l’intégration affective, examinant combien ils aimaient et faisaient confiance au reste de l’équipe, et l’intégration cognitive, examinant l’étendue des valeurs communes partagées par les membres en ce qui concerne leur vision du monde. Ils se sont intéressés à la manière dont ces variables affectaient la satisfaction du groupe, mesurée dans la dernière phase de l’étude, et sa performance, déterminée par les bénéfices engrangés par la société.

Les données ont révélé un cercle vicieux : moins d’intégration affective rendait plus probable l’apparition de sous-groupes, et des sous-groupes plus définis menait à une moins grande intégration ultérieure. Tomber dans ce schéma signifiait que les membres se sentaient moins satisfaits de faire partie de l’équipe à la fin de l’évènement. En outre, avec l’apparition des sous-groupes, la performance de l’équipe se détériorait également. Cependant, cet effet s’amenuisait lorsque l’intégration cognitive était bonne. Autrement dit, lorsque les membres sont divisés, possèdent des priorités différentes et ne s’apprécient pas particulièrement, ils peuvent cependant mener le travail à terme s’ils partagent une même vision du monde.

Cette étude est importante pour clarifier certains des processus particuliers qui contribuent à un travail en équipe sain. Selon les termes des auteurs, l’intégration cognitive peut « prévenir les dégâts que les sous-groupes peuvent potentiellement créer ». Mais pour arrêter la formation de sous-groupes à la base, il s’agit d’éviter de dévier dans une conception « nous contre eux » et le manque de confiance que cela entraîne et qui en découle. Les acteurs qui aimeraient qu’un groupe réussisse devraient envisager des interventions et les mettre en place précocement de manière à couper le mal à la racine.

Référence de l’article scientifique original :

  • Cronin, M., Bezrukova, K., Weingart, L., & Tinsley, C. (2011). Subgroups within a team: The role of cognitive and affective integration. Journal of Organizational Behavior, 32(6), 831-849.
    [lien]

By |24/02/2012|Categories: Actualités|0 Comments

La douleur sociale fait aussi mal

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article Social pain hurts too publié sur le site de l’Association for Psychological Science le 1e février 2012 (trad. Kyung-Nan Jaumin).

La plupart des médecins ne prescrivent pas de Tylenol (NdT : paracétamol) pour un cœur brisé et ne recommandent pas le soutien d’un ami pour un mal de tête. Cependant, un article publié par Naomi I. Eisenberger, bénéficiaire du Prix Janet Taylor Spence, dans l’édition de février 2012 de la revue Current Directions in Psychological Science montre qu’il existe un nombre croissant de preuves selon lesquelles la douleur sociale partage certains des circuits neuronaux sous-tendant la douleur physique.

Eisenberger explique que la douleur physique a deux composantes – sensorielle et affective –, chacune d’elles étant associée à une partie différente du cerveau. Les chercheurs en psychologie qui étudient la douleur ont montré que le cortex cingulaire antérieur dorsal (CCAd) et l’insula antérieure, qui sont cruciaux pour la composante affective ou déplaisante de la douleur, sont également impliqués dans l’expérience de la douleur sociale. Une étude récente (Kross et al., 2011) a même indiqué que des régions séparées du cerveau associées avec l’expérience sensorielle de douleur étaient également activées lorsqu’on demandait aux participants de se souvenir d’une rupture amoureuse difficile.

D’autres études ont suggéré que ces recouvrements dans l’activité cérébrale peuvent affecter la manière dont les personnes ressentent la douleur physique et sociale. Par exemple, quand Eisenberger et ses collègues ont demandé à des participantes de déterminer la douleur causée par des de la chaleur, celles-ci rapportaient moins de douleur lorsqu’elles regardaient la photo de leur partenaire amoureux ou lui tenaient la main. Dans une autre étude (DeWall et al., 2010), l’équipe d’Eisenberger a demandé aux participants de prendre une pilule chaque jour et d’auto-évaluer leur « sentiment de douleur » chaque soir, pendant 3 semaines. Les participants qui avaient pris du paracétamol chaque jour ont constaté une diminution de la sensation de douleur qui n’était pas présente dans le groupe contrôle, qui a reçu un placebo.

Il pourrait y avoir une explication évolutionniste à la sensation de douleur éprouvée en cas de rejet social. Tout comme la douleur physique nous apprend à éviter les situations dangereuses, Eisenberger suggère q’ »au cours de l’évolution, la douleur sociale nous a peut-être aidé à éviter le rejet social, augmentant dès lors nos relations avec les autres, notre insertion dans un groupe social et, au bout du compte, nos chances de survie ».

Le fait de savoir que la douleur émotionnelle a une justification biologique peut constituer une petite consolation pour ceux qui souffrent de rejet social ; cependant, Eisenberger met en évidence que ceux qui ne sont pas sensibles à la douleur sociale ont souvent des troubles de la personnalité. De plus, effectuer des recherches sur la relation entre la douleur physique et la douleur sociale pourrait mener à de meilleures stratégies pour les atténuer. Néanmoins, entretemps, vous devriez probablement parler à votre médecin avant de prendre du Dafalgan car vous avez le cœur brisé.

Références des articles scientifiques originaux :

  • DeWall, C. N., et al. (2010). Acetaminophen reduces social pain: Behavioral and neural evidence. Psychological Science, 21(7), 931-937.
    [lien]
  • Eisenberger, N. I. (2012). Broken heart and broken bones: A neural perspective on the similarities between social and physical pain. Current Directions in Psychological Sciences, 21(1), 42-47. [lien]
  • Kross, E., Berman, M. G., Mischel, W., Smith, E. E., & Wager, T.O. (2011). Social rejection shares somatosensory representation with physical pain. Proceedings of the National Academy of Sciences, 108(15), 6270-6275. [lien]

Note ultérieure à la parution de la traduction de cet article :

Un lecteur nous a signalé que l’article de Kross et al. (2011) a fait l’objet de critiques de la part de certains chercheurs. A ce sujet, lire :

  • Iannetti, G. D., & Mouraux, A. (2011). Can the functional MRI responses to physical pain really tell us why social rejection « hurts »? Proceedings of the National Academy of Sciences, 108(30), E343. [lien]
  • Kross, E., Bermana, M. G., Mischel, W., Smith, E. E., & Wager, T. D. (2011). Reply to Iannetti and Mouraux: What functional MRI responses to physical pain tell us about why social rejection « hurts ». Proceedings of the National Academy of Sciences, 108(30), E344. [lien]

By |17/02/2012|Categories: Actualités, Non classé|1 Comment

Pourquoi nous craignons secrètement les idées créatives

Pourquoi les idées créatives sont souvent rejetées au profit du conformisme et de l’uniformité.

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article Why people secretly fear creative ideas publié sur le site PsyBlog le 7 décembre 2011 (trad. Kyung-Nan Jaumin).

La société valorise-t-elle vraiment la créativité ? Les gens disent vouloir plus de personnes créatives, plus d’idées et de solutions créatives, mais le veulent-ils vraiment?

D’abord, les enseignants n’aiment généralement pas les élèves créatifs. D’après une étude, les instituteurs d’école primaire appréciaient moins les élèves les plus créatifs (Westby & Dawson, 1995). Ce n’est pas un résultat isolé en éducation mais probablement une conséquence du fait que les enfants créatifs sont généralement plus turbulents ; naturellement : ils n’aiment pas suivre les règles.

A ce que l’on dit de la créativité dans le monde des affaires, de l’entreprise et le monde académique, il existe des preuves qu’elle est implicitement découragée dans ces domaines également. Malgré le fait que les dirigeants des organisations disent vouloir des idées créatives, certaines preuves suggèrent que la créativité est rejetée en faveur de la conformité et de l’uniformité (Staw, 1995, cité dans Mueller et al., 2011).

Un biais inconscient contre la créativité

Une étude récente a testé l’idée selon laquelle il y aurait une différence entre ce que les gens disent de la créativité et ce qu’ils en pensent inconsciemment (Mueller et al., 2011).

Les chercheurs ont utilisé des tests qui évaluent d’habitude le racisme conscient et inconscient. Tout le monde sait

[NdT : consciemment] que le racisme est mauvais, mais des psychologues ont montré que nous pouvons cependant mesurer le racisme caché ou inconscient chez certaines personnes en utilisant ce test. Ici, ce type de test a été utilisé pour mesurer un biais caché ou inconscient contre la créativité.

Dans deux expériences, Mueller et ses collègues ont montré que, lorsque les gens étaient incertains :

  • ils avaient plus tendance à avoir des pensées négatives à propos des idées créatives
  • et trouvaient plus difficile de reconnaitre des idées créatives.

Cela soutient l’idée selon laquelle les gens n’aiment pas les idées créatives parce qu’elles tendent à augmenter l’incertitude. Le raisonnement est le suivant : nous savons comment faire les choses que nous avons déjà faites auparavant, mais les choses nouvelles sont mystérieuses. Comment allons-nous arriver à les faire? Est-ce faisable ? Qu’est-ce qui pourrait ne pas fonctionner ? Et ainsi de suite.

Les gens n’aiment pas l’incertitude ; il s’agit d’un état désagréable auquel nous essayons généralement d’échapper. Malheureusement, la créativité requiert de l’incertitude par définition, parce que nous essayons de faire quelque chose qui n’a jamais été fait auparavant.

Les gens gèrent cet écart en disant : « La créativité, c’est bien : nous en voulons plus ! » mais en rejetant en réalité les idées créatives arguant qu’elles sont irréalisables.

En outre, plus les gens se sentent incertains, plus il leur est difficile de reconnaître une idée vraiment créative. Dès lors, en tant que société, nous finissons par enfouir notre tête dans le sable et à continuer à faire la même chose encore et encore, juste pour éviter de ressentir cette incertitude.

Nous devrions plutôt nous accueillir l’incertitude parce que c’est seulement quand nous doutons que nous pouvons être certains d’explorer de nouvelles contrées.

Références des articles scientifiques originaux :

  • Mueller, J. S., Melwani, S., & Goncalo, J. A. (2012). The bias against creativity: Why people desire but reject creative ideas. Psychological Science, 23(1), 13-17. [lien]
  • Westby, E. L., & Dawson, V. L. (1995). Creativity: Asset or burden in the classroom? Creativity Research Journal, 8(1), 1-10. [lien]

By |09/02/2012|Categories: Actualités|0 Comments