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La leçon de discrimination

Vidéo du lundi 23/04/2012

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Pour sensibiliser ses élèves aux mécanismes de la discrimination, une institutrice québécoise s’est livrée à une expérience bouleversante. Elle a séparé sa classe en deux groupes, les petits et les grands. Pendant une journée, elle a systématiquement favorisé le groupe des petits. Et le lendemain, elle a donné tous les privilèges aux grands. L’exercice a fonctionné de façon sidérante : qu’ils tiennent le rôle des bourreaux ou celui des victimes, les enfants se sont totalement pliés aux règles de la ségrégation.

Partie 1 sur 3


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Partie 2 sur 3


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Partie 3 sur 3


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Langue : français | Durée : 42:15 (au total) | Type : Documentaire, Expérience

Catégories : Psychologie sociale

Production : TSR

L’intelligence est un meilleur prédicteur de la réussite professionnelle future que le statut socio-économique

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article Intelligence Is More Accurate Predictor of Future Career Success Than Socioeconomic Background, Study Suggests publié sur le site ScienceDaily le 29 mars 2012 (trad. Kyung-Nan Jaumin).

La sagesse populaire nous dit que, dans le monde des affaires, « on est qui on connaît » – le statut social et les réseaux professionnels l’emportent sur le talent quand il s’agit de réussite professionnelle. Cependant, selon un chercheur de l’Université de Tel Aviv, avoir les bonnes relations permet seulement de mettre le pied dans la porte. Votre réussite vous appartient entièrement, dit le Professeur Yoav Ganzach de la Recanati School of Management de l’Université de Tel Aviv.

Lorsque l’intelligence et le statut socio-économique (SSE) sont comparés directement l’un à l’autre, l’intelligence est un indicateur plus précis de la réussite professionnelle future, affirme-t-il. Bien que les gens issus d’une famille riche ont tendance à démarrer plus haut dans la hiérarchie des salaires à l’entrée en fonction, la recherche du Professeur Ganzach a découvert une corrélation directe entre l’intelligence et une trajectoire de salaire à la hausse, définie comme le taux auquel un employé est récompensé par des augmentations de salaire.

Le Professeur Ganzach affirme que ces résultats, publiés dans la revue Intelligence, donnent un message positif à ceux qui ne peuvent pas compter sur le népotisme pour leurs premiers emplois. « Votre famille peut vous aider à lancer votre carrière et vous en tirez avantage, mais elle ne vous permet pas de progresser. Et une fois que vous commencez à travailler, vous pouvez aller partout où vos capacités vous mènent », dit-il.

Le QI influence le salaire

Pour son étude, le Professeur Ganzach a analysé les données de la National Longitudinal Survey of Youth ayant porté sur 12.868 américains entre 1979 et 2004. Les participants ont eu des entretiens annuels ou semestriels en relation avec les promotions et les revenus. De ce groupe, il a éliminé tous les participants qui avaient fait des études au-delà du secondaire, veillant à ce que l’intelligence et le SSE soient les seuls facteurs dans la comparaison.

L’intelligence a été calculée en utilisant les résultats de l’Armed Forces Qualifying Test de chaque participant, et le SSE a été calculé en se basant sur le niveau d’étude des parents, le revenu familial et la situation professionnelle des parents. En suivant les participants sur plus de 25 ans, du début jusqu’au milieu de leur carrière, il a été possible d’obtenir une vision exacte de l’influence de chaque facteur sur leur réussite économique, rapporte le Professeur Ganzach.

En tenant compte des taux d’avancement de chaque participant tout au long de la carrière, les données ont confirmé que, tandis que l’intelligence et le SSE influençaient tous les deux les salaires à l’entrée en fonction, seule l’intelligence avait une influence sur le rythme des augmentations de salaire au cours des années. Quand on regarde les taux de promotion, l’intelligence l’emporte sur le SSE en terme d’avancement de carrière.

La personnalité et le travail en équipe pourraient jouer un rôle

Une des limites de l’étude, explique le Professeur Ganzach, est qu’elle ne tient pas compte d’autres variables possibles, telles que la personnalité, les compétences sociales et la capacité à travailler en groupe – tous des facteurs qui influent sur la promotion. Des recherches ultérieures pourraient également s’intéresser à différentes mesures de la réussite, telles que la réussite professionnelle ou la satisfaction au travail, et examiner si ces résultats s’appliquent également aux employés avec des niveaux d’éducation différents, tels que les diplômés d’université.

Référence de l’article scientifique original :

  • Ganzach, Y. (2011). A dynamic analysis of the effects of intelligence and socioeconomic background on job-market success. Intelligence, 39(2-3), 120-129.
    [lien]

By |20/04/2012|Categories: Actualités|0 Comments

La clé de la motivation scolaire

Vidéo du lundi 16/04/2012

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Un après-midi typique dans une classe d’école secondaire : pendant que certains élèves écoutent attentivement, d’autres dorment au fond de la classe. On le sait : certains élèves sont plus motivés que d’autres. La motivation scolaire, Thérèse Bouffard, professeure au Département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) s’y intéresse depuis trente ans. Pas étonnant : c’est le facteur central de la réussite scolaire… bien avant le quotient intellectuel !

Or, la motivation est liée au sentiment d’auto-efficacité de l’élève. Pour mieux comprendre son effet sur la réussite, la chercheuse en psychologie a suivi un millier d’élèves du secondaire pendant cinq ans. Les résultats de son enquête sont surprenants : ceux qui surévaluent leurs compétences réussissent mieux leurs études que les autres.


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Langue : français | Durée : 5:59 | Type : Documentaire, Interview

Catégories : Psychologie de l’éducation, Psychologie de la motivation

Production : Télé-Québec

La confiance en soi est nécessaire à la maîtrise de soi

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article Positive self-worth necessary for self-control publié sur le site PsychCentral le 16 mars 2012 (trad. Kyung-Nan Jaumin).

Une nouvelle étude (Townsend & Liu, in press) suggère que la raison pour laquelle beaucoup de gens échouent dans leurs tentatives pour améliorer leur maîtrise de soi est un manque de confiance en leurs capacités actuelles. Le manque de confiance mène à une détresse émotionnelle quand les gens essaient de mettre en œuvre leur plan visant à atteindre de nouveaux objectifs.

Par exemple, la planification de votre régime alimentaire ne va pas vraiment vous aider à acquérir une maîtrise de vous-même, à moins que vous ne vous sentiez bien avec votre poids de départ.

De façon intéressante, le concept s’applique à de nombreuses activités, même pour les stratégies visant à économiser de l’argent.

« Bien que la planification tende à aider la maitrise de soi chez ceux qui sont en accord avec leurs objectifs à long terme, ceux qui se perçoivent comme étant en décalage avec leurs objectifs s’avère avoir une moins bonne maîtrise de soi après la planification qu’en l’absence de planification », rapportent les auteurs Claudia Townsend et Wendy Liu.

Les auteurs ont trouvé que faire un planning concret pour la mise en œuvre d’objectifs génère une détresse émotionnelle chez les gens qui croient qu’ils ne sont pas en accord avec leurs objectifs ce qui, à son tour, sape leur motivation à s’autoréguler.

Dans cinq études, les auteurs ont aléatoirement assigné les participants à une condition avec planification ou sans planification.

Dans les études sur l’alimentation, les personnes dans la condition de planification ont été invitées à planifier leur régime alimentaire et leur nourriture pour le reste de la journée, tandis que celles dans la condition de non-planification ne devaient pas le faire. Ensuite, tous les participants se sont vu offrir une collation.

Dans certaines études, les participants devaient choisir entre des raisins secs et une friandise. Dans une autre étude, il fallait choisir entre des cookies et aucune collation.

« Ce que nous avons trouvé, c’est que, parmi les répondants qui se sentaient bien avec leur poids, la planification a conduit à des choix plus sains — le choix des collations plus saines dans le premier cas ou aucune collation dans le deuxième cas », écrivent les auteurs.

« Cependant, le résultat étonnant a été que, parmi les répondants qui ne se sentaient pas bien avec leur poids (qui se considéraient en surpoids), ceux qui avaient planifié étaient effectivement plus susceptibles de choisir la collation moins saine dans le premier cas ou les cookies dans le second cas ».

Cet effet s’est aussi avéré vrai lorsqu’il s’agissait de planification financière.

Lorsqu’ils recevaient un remboursement sur leurs impôts, les consommateurs qui avaient confiance en leurs économies étaient moins susceptibles de dépenser le remboursement après la planification qu’en l’absence de planification. En contraste, les personnes qui n’avaient pas confiance en leurs économies étaient plus susceptibles de dépenser l’argent du remboursement après la planification.

« En général, les personnes supposent que la planification les aidera à atteindre leur objectif », écrivent les auteurs. « Néanmoins, cette recherche donne à penser qu’avoir une image positive de soi est tout aussi important, sinon plus ».

Référence de l’article scientifique original :

  • Townsend, C., & Liu, W. (in press). Is planning good for you? The differential impact of planning on self-regulation. Journal of Consumer Research.
    [lien]
Townsend, C., Liu, W. Is Planning Good for You? The Differential Impact of Planning on Self-Regulation. Journal of Consumer Research.

By |13/04/2012|Categories: Actualités|0 Comments
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Les effets de la comparaison sociale

Vidéo du lundi 09/04/2012

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Ce sujet sera abordé de deux façons complémentaires :
– un film bref relatant une expérimentation concernant la comparaison sociale.
– un exposé qui analyse cette expérimentation, présente d’autres expérimentations sur le même thème et apporte des notions théoriques sur les effets de la comparaison sociale.
L’image que nous avons de nous-même est fortement sensible au contexte social dans lequel nous évoluons. En effet, Le processus de comparaison social nous conduit à nous comparer aux autres. Il a donc des conséquences importantes sur l’estime de soi. Il peut aussi avoir des conséquences sur les performances scolaires.


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Langue : français | Durée : 21:50 | Type : Expérience, Cours

Catégories : Psychologie sociale

Production : Vidéoscop Université Nancy 2

By |09/04/2012|Categories: Vidéos, Vidéos du lundi|0 Comments

L’expérience du klaxon : pouvez-vous prédire votre comportement au volant ?

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article The honking experiment: Can you predict your driving behaviour? publié sur le site PsyBlog le 15 mars 2012 (trad. Jean-Baptiste Dayez).

Si la voiture devant vous ne démarre pas quand le feu devient vert, klaxonnez-vous et il cela dépend-il du prix de la voiture ?

Le rédacteur de PsyBlog a posé à ses lecteurs la question suivante :

Imaginez que vous êtes dans votre voiture et attendez à un feu rouge derrière une autre voiture. Le feu devient vert, mais la voiture de devant ne bouge pas. Douze secondes s’écoulent. Pensez-vous que seriez plus enclin à klaxonner si la voiture est une vieille Ford ou si c’est une Porsche flambant neuve ?

1.313 personnes ont participé et les résultats se sont avérés clairs. Voici ce que ses lecteurs ont dit : 781 personnes ont pensé qu’elles seraient plus enclines à klaxonner la voiture haut de gamme, et 532 ont indiqué que ce serait la voiture bas de gamme.

Statistiquement, c’est une différence significative, ce qui signifie qu’on ne peut pas s’attendre à obtenir de pareils résultats par hasard, ce qui signifie probablement que quelque chose a effectivement lieu.

Maintenant regardons les chiffres par genre :

  • Hommes, voiture haut de gamme : 408
  • Hommes, voiture bas de gamme : 331
  • Femmes, voiture haut de gamme: 373
  • Femmes, voiture bas de gamme : 201

Le pattern observé est donc le même chez les hommes et chez femmes, bien qu’il soit plus fort pour les femmes (à nouveau, les différences au sein des genres sont significatives).

Pour de vrai

C’est exactement le résultat que prévoyais le rédacteur de PsyBlog car, quand Doob et Gross (1968) ont posé cette question à des participants, ils ont obtenu un résultat similaire. Davantage de gens pensaient qu’ils klaxonneraient la voiture haut de gamme.

La différence, c’est que Doob et Gross (1968) ont effectué l’expérience pour de vrai. En plus de poser la question, ils ont voulu voir ce que les gens feraient vraiment dans la situation. Ils ont demandé à des conducteurs de faire s’arrêter à des carrefours dans des voitures chères ou bon marché et d’attendre pour voir si la personne derrière klaxonnait.

Dans l’ensemble, ce qu’ils ont trouvé, c’est que, quand la voiture était bas de gamme, 84 % de conducteurs ont klaxonné au moins une fois endéans 12 secondes. Mais, quand la voiture était haut de gamme, seulement 50 % de conducteurs ont klaxonné. En effet, les gens ont klaxonné plus rapidement et plus souvent la voiture bas de gamme. Ces résultats ont été également répliqués dans une étude ultérieure (Deaux, 1971).

Ainsi, dans la réalité, la tendance collective des gens était l’inverse exact de leur prédiction et aussi de ce que les lecteurs de PsyBlog avaient prédit.

Pourquoi ?

L’explication de la raison pour laquelle les gens klaxonnent moins les voitures haut de gamme est simple.

C’est la même raison que celle pour laquelle vous ne dites pas à votre patron ce que vous pensez vraiment : inconsciemment (ou consciemment) nous craignons ce que les personnes de statut élevé peuvent nous faire. Nous pouvons être frustrés par la voiture de devant qui s’arrête au vert, mais cet frustration est inhibée par tout élément indiquant que le conducteur de la voiture a un statut élevé.

Le statut est juste un exemple de la façon dont notre comportement agressif est influencé par les aspects de la situation. Par exemple, les gens sont généralement moins agressifs envers les personnes polies et plus agressifs envers des membres de leur propre sexe (Harris, 1974).

Dès lors, comment expliquez-vous la prédiction imprécise que font les gens ? Peut-être aimons-nous penser que nous ne sommes pas effrayés par autorité, que les gens qui sont plus riches n’ont aucun effet sur nous et, dès lors, nous compensons trop. D’autre part, nous nous ressentons peut-être plus d’affinité avec le conducteur de la voiture moins chère – ils nous ressemblent davantage.

Quelle que soit l’explication, c’est un bon exemple de la façon dont nos prédictions de notre propre comportement peuvent être biaisées dans la mauvaise direction. C’est également un bon exemple des cas où la majorité a tort.

Référence des articles scientifiques originaux :

  • Deaux, Kay K. (1971). Honking at the intersection: A replication and extension. The Journal of Social Psychology, 84(1), 159-160. [lien]
  • Doob, A. N., & Gross, A. E. (1968). Status of frustrator as an inhibitor of horn-honking responses. The Journal of Social Psychology, 76(2), 213-218. [lien]
  • Harris, M. B. (1974). Mediators between frustration and aggression in a field experiment. Journal of Experimental Social Psychology, 10(6), 561-571. [lien]
Townsend, C., Liu, W. Is Planning Good for You? The Differential Impact of Planning on Self-Regulation. Journal of Consumer Research.

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By |06/04/2012|Categories: Actualités|0 Comments

Michel Desmurget : l’impact de la télé sur notre santé

Vidéo du lundi 02/04/2012

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Chaque mois, les revues scientifiques internationales publient des dizaines de résultats de ce genre. Pour les spécialistes, tel Michel Desmurget, docteur en neurosciences, directeur de recherche à l’INSERM, il n’y a plus de doute : la télévision est un fléau. Elle exerce une influence profondément négative sur le développement intellectuel, les résultats scolaires, le langage, l’attention, l’imagination, la créativité, la violence, le sommeil, le tabagisme, l’alcoolisme, la sexualité, l’image du corps, le comportement alimentaire, l’obésité et l’espérance de vie.


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Langue : français | Durée : 13:27 | Type : Interview

Catégories : Psychologie générale, Neurosciences, Psychologie du développement

Production : France Info

 

Un généreux lecteur nous a par ailleurs communiqué cette vidéo plus longue sur le même sujet.

By |02/04/2012|Categories: Vidéos, Vidéos du lundi|0 Comments

Les tests à choix multiples : pourquoi vous en tenir à votre première réponse est (probablement) une erreur

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article Multiple-choice tests: Why sticking with your first answer is (probably) wrong publié sur le site PsyBlog le 7 février 2012 (trad. Kyung-Nan Jaumin).

Quelle est la meilleure stratégie pour passer un test à choix multiples ?

Le conseil habituel pour les tests à choix multiples est : en cas de doute, tenez-vous en à votre première réponse.

Les étudiants universitaires le croient : environ 75 % s’accordent sur le fait que changer votre premier choix fera baisser votre score global (Kruger et al., 2005 ). Les enseignants le croient également : dans une étude, 55 % d’entre eux pensaient que cela ferait baisser les scores des élèves alors que seuls 16 % pensaient que cela permettrait de les améliorer.

Et pourtant, c’est faux.

Une revue de 33 études différentes effectuées sur plus de 70 ans a révélé que, en moyenne, les personnes qui changent leurs réponses font mieux que celles qui ne le font pas (Benjamin et al., 1984). Dans aucune de ces études les personnes n’ont obtenu un score inférieur parce qu’elles ont changé d’avis.

Les études, les unes après les autres, montrent que, lorsque vous modifiez votre réponse dans un test à choix multiples, vous êtes plus susceptible de les changer de mauvaise à bonne que de bonne à mauvaise. Dès lors, garder votre première réponse est en fait, en moyenne, la mauvaise stratégie.

Pourquoi tant de gens (y compris ceux qui devraient le savoir, comme les auteurs de guides de préparation de test) continuent-ils à dire que vous devez vous en tenir à votre première réponse ? Kruger et al. (2005) soutiennent que c’est en partie parce qu’il est plus douloureux d’obtenir une mauvaise réponse parce que vous l’avez modifiée que d’en avoir une parce que vous ne l’avez pas changée.

Nous avons donc tendance à retenir beaucoup plus clairement les moments où nous avons changé une bonne réponse en une mauvaise. Et, de ce fait, lors d’un test, nous prévoyons le regret que nous ressentirons et nous convainquons que notre première impression est probablement la bonne (alors que ce n’est probablement pas le cas).

Référence de l’article scientifique original :

  • Kruger, J., Wirtz, D., & Miller, D. (2005). Counterfactual thinking and the first instinct fallacy. Journal Of Personality And Social Psychology, 88(5), 725-735.
    [lien]
Le conseil habituel pour les tests à choix multiples est : en cas de doute, tenez-vous en à votre première réponse.

Les étudiants universitaires le croient : environ 75 % s’accordent sur le fait que changer votre premier choix fera baisser votre score global (Kruger et al., 2005 ). Les enseignants le croient également : dans une étude, 55 % d’entre eux pensaient que cela ferait baisser les scores des élèves alors que seuls 16 % pensaient que cela permettrait de les améliorer.

Et pourtant, c’est faux.

Une revue de 33 études différentes effectuées sur plus de 70 ans a révélé que, en moyenne, les personnes qui changent leurs réponses font mieux que celles qui ne le font pas (Benjamin et al., 1984 ). Dans aucune de ces études les personnes n’ont obtenu un score inférieur parce qu’elles ont changé d’avis.

Les études, les unes après les autres, montrent que, lorsque vous modifiez votre réponse dans un test à choix multiples, vous êtes plus susceptible de les changer de mauvaise à bonne que de bonne à mauvaise. Dès lors, garder votre première réponse est en fait, en moyenne, la mauvaise stratégie.

Pourquoi tant de gens (y compris ceux qui devraient le savoir, comme les auteurs de guides de préparation de test) continuent-ils à dire que vous devez vous en tenir à votre première réponse ? Kruger et al. (2005) soutiennent que c’est en partie parce qu’il est plus douloureux d’obtenir une mauvaise réponse parce que vous l’avez modifiée que d’en avoir une parce que vous ne l’avez pas changée.

Nous avons donc tendance à retenir beaucoup plus clairement les moments où nous avons changé une bonne réponse en une mauvaise. Et, de ce fait, lors d’un test, nous prévoyons le regret que nous ressentirons et nous convainquons que notre première impression est probablement la bonne (alors que ce n’est probablement pas le cas).

By |30/03/2012|Categories: Actualités|0 Comments

Le visage décrypté

Vidéo du lundi 26/03/2012

[en savoir plus]

Un visage peut-il mentir ? À l’aide de l’éminent psychologue Paul Ekman, ce documentaire déchiffre ce que peuvent nous apprendre les expressions faciales. Grâce à ses quarante-trois muscles faciaux, l’homme est capable de 10 000 mimiques, dont environ 3 000 porteuses de sens. C’est ce que recense dans son dictionnaire le psychologue américain Paul Ekman, réputé savoir décrypter tous les gestes et expressions. Y compris ce qu’il nomme les «micro-expressions», à peine perceptibles mais révélatrices car impossibles à feindre.


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Langue : français | Durée : 52:51 | Type : Documentaire

Catégories : Psychologie générale, Psychologie sociale

Production : ARTE

By |26/03/2012|Categories: Vidéos, Vidéos du lundi|0 Comments

Comment les émotions sautent d’un visage à l’autre

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article How emotions jump from face to face publié sur le site Scientific American le 7 février 2012 (trad. Kyung-Nan Jaumin).

Le visage d’un homme peut « attraper » la colère d’une personne se trouvant à proximité. Mais le visage d’une femme a tendance à « attraper » le bonheur.

Les défenseurs des handicapés ont vu rouge après que deux femmes âgées souffrant de problèmes médicaux ont été prétendument fouillées au corps par des agents de la TSA (NdT : Transportation Security Administration) à l’aéroport JFK de New York en décembre dernier. Il faut être particulièrement dur pour ne pas compatir avec une vieille femme en fauteuil roulant dont on fouille le sac de colostomie. Mais le fait qu’un passager soit un terroriste improbable a aussi un revers troublant : un autre passager est dès lors un candidat plus probable.

Ces dernières décennies, les chercheurs en sciences sociales ont patiemment démêlé les systèmes mentaux et physiologiques impliqués dans les biais sociaux. De prime abord, les biais ressemblent à de simples préjugés, comme le fait de supposer que les noirs sont des criminels ou que les gens du Moyen-Orient sont des terroristes. Mais les recherches sur la cognition sociale révèlent des mécanismes beaucoup plus subtils et inconscients derrière ces biais sociaux. En voici un exemple parfait : les objets peuvent « attraper » les propriétés d’objets proches, par un phénomène que les scientifiques appellent  « conjonction illusoire ». Par exemple, un cercle rouge à côté d’un triangle blanc pourrait faire penser que le triangle est rouge. Ce même effet peut aussi s’appliquer à des cibles sociales : un visage neutre peut « attraper » l’émotion de la personne en colère à ses côtés, provoquant le souvenir que cette personne neutre était elle aussi en colère.

Dans un article récent publié dans le Journal of Experimental Social Psychology, des chercheurs de l’université d’État de l’Arizona ont démontré que les visages masculins sont plus susceptibles d’« attraper » la colère d’un visage adjacent que les visages féminins, tandis que les visages féminins sont plus susceptibles d’« attraper » le bonheur. À l’aide de photos de personnes réelles et de photos de visages artificiels transformés pour paraître en colère ou heureux, les scientifiques ont présenté à des étudiants des images de visages par deux, placées côte à côté (masculin ou féminin, joyeux ou en colère) en même temps que deux nombres, qu’ils devaient additionner afin distraire leurs esprits conscients. Après avoir brièvement montré les visages et les nombres, un point apparaissait sur la gauche ou sur la droite, et les étudiants étaient invités à se rappeler rapidement l’émotion du visage montré de ce côté. Les chercheurs se sont intéressés aux erreurs commises par les étudiants – et particulièrement aux erreurs dans lesquelles l’émotion qu’ils croyaient avoir vu provenait en fait de l’autre visage.

Dans deux études, Rebecca Neel et ses collègues ont montré que les visages masculins étaient plus susceptibles d’attraper la colère du visage voisin, et que les visages féminins étaient plus susceptibles d’attraper le bonheur. De façon intéressante, ce n’était pas juste parce que les gens voient les visages masculins comme plus en colère et les visages des femmes comme plus heureux (effet démontré dans plusieurs études antérieures) : les erreurs étaient plus fréquentes lorsque l’émotion provenait du visage adjacent.

Tandis que cet accaparement semble être un processus automatique de la perception visuelle, il peut être influencé par les préjugés que nous détenons à propos du monde social. Les attentes façonnent les perceptions (et les perceptions erronées). Puisque nous avons tendance à supposer que les hommes sont plus agressifs et les femmes plus bienveillantes, nous sommes plus susceptibles de voir les hommes comme en colère et les femmes comme joyeuses. Des jugements rapides apparaissent facilement lorsque nous analysons notre environnement à la recherche d’indices sociaux. Cela peut sembler un grave défaut dans une société moderne pleine de diversités, mais nos cerveaux ont évolué pour faire des évaluations constantes et routinières de type approche/évitement appelées décisions de « gestion de l’affordance » (NdT : ce terme résiste à nos efforts de traduction). A notre état animal, nous essayons de minimiser les risques et de maximiser les possibilités. Il est plus coûteux de rater les indices d’un danger imminent que de supposer à tort qu’une personne est dangereuse, et nous péchons donc par excès de prudence. Historiquement, les hommes représentent une menace physique plus grande que les femmes, et le visage de la colère est donc soudainement masculin. Les femmes sont considérées comme représentant une petite menace et une forte opportunité de relation, donc notre cerveau maximise l’opportunité en supposant qu’une femme est amicale et désireuse d’interagir (ou de prendre soin de nous) même lorsqu’elle ne l’est pas.

Les attentes schématiques de type top-down fusionnent avec les conjonctions illusoires de type bottom-up du processus visuel précoce, créant un terrain fertile pour l’erreur (particulièrement quand on est distrait ou pressé). Cette étude récente s’ajoute à la littérature sur les préjugés en montrant une nouvelle façon par laquelle le biais peut se glisser dans nos vies : par les perceptions d’une personne qui « attrape » sélectivement certaines émotions consistantes avec les stéréotypes des personnes qui l’entourent. Cela suggère que, quand vous êtes dans la file de sécurité à l’aéroport, il n’y a pas que ce que vous semblez être qui compte, mais aussi qui se tient à vos côtés.

Référence de l’article scientifique original :

  • Neel, R., Becker, D. V., Neuberg, S. L., & Kenrick, D. T. (2012). Who expressed what emotion? Men grab anger, women grab happiness. Journal of Experimental Social Psychology, 48(2), 583-586.
    [lien]
Le conseil habituel pour les tests à choix multiples est : en cas de doute, tenez-vous en à votre première réponse.

Les étudiants universitaires le croient : environ 75 % s’accordent sur le fait que changer votre premier choix fera baisser votre score global (Kruger et al., 2005 ). Les enseignants le croient également : dans une étude, 55 % d’entre eux pensaient que cela ferait baisser les scores des élèves alors que seuls 16 % pensaient que cela permettrait de les améliorer.

Et pourtant, c’est faux.

Une revue de 33 études différentes effectuées sur plus de 70 ans a révélé que, en moyenne, les personnes qui changent leurs réponses font mieux que celles qui ne le font pas (Benjamin et al., 1984 ). Dans aucune de ces études les personnes n’ont obtenu un score inférieur parce qu’elles ont changé d’avis.

Les études, les unes après les autres, montrent que, lorsque vous modifiez votre réponse dans un test à choix multiples, vous êtes plus susceptible de les changer de mauvaise à bonne que de bonne à mauvaise. Dès lors, garder votre première réponse est en fait, en moyenne, la mauvaise stratégie.

Pourquoi tant de gens (y compris ceux qui devraient le savoir, comme les auteurs de guides de préparation de test) continuent-ils à dire que vous devez vous en tenir à votre première réponse ? Kruger et al. (2005) soutiennent que c’est en partie parce qu’il est plus douloureux d’obtenir une mauvaise réponse parce que vous l’avez modifiée que d’en avoir une parce que vous ne l’avez pas changée.

Nous avons donc tendance à retenir beaucoup plus clairement les moments où nous avons changé une bonne réponse en une mauvaise. Et, de ce fait, lors d’un test, nous prévoyons le regret que nous ressentirons et nous convainquons que notre première impression est probablement la bonne (alors que ce n’est probablement pas le cas).

By |23/03/2012|Categories: Non classé|0 Comments