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Manger plus de chocolat pour devenir plus intelligent ?

Une illustration du danger lié à la simplification des résultats scientifiques

 

par Pierre Maurage

 

Dans un article récemment publié dans le New England Journal of Medicine et intitulé « Chocolate consumption, cognitive function, and Nobel laureates« , le Professeur F. H. Messerli a rapporté une corrélation forte entre la consommation de chocolat et le nombre de lauréats du prix Nobel dans 23 pays. Selon cet article, ce lien pourrait s’expliquer par le fait que le cacao est riche en flavanols, dont l’action anti-oxydante aurait un effet positif sur les fonctions cognitives. Sur cette base, l’auteur a conclu que le chocolat pourrait améliorer les fonctions cognitives dans l’ensemble de la population et qu’accroître la consommation de chocolat augmenterait le nombre de prix Nobel au sein d’un pays. Étant donné le vaste lectorat du New England Journal of Medicine, qui est le journal médical ayant l’impact scientifique le plus élevé, cette proposition a depuis été largement disséminée par la presse tant spécialisée que générale à travers le monde. Des dizaines de sites internet ont ainsi diffusé le message simpliste selon lequel “manger plus de chocolat accroît les capacités intellectuelles“, et ce message a même été relayé par des sites réputés fiables, tels que ceux de la BBC, de Forbes, de Reuters ou encore du Times.

Cependant, la proposition du Prof. Messerli est uniquement fondée sur une corrélation et doit être considérée avec la plus extrême prudence. Nous avons rédigé un article, récemment publié dans le Journal of Nutrition et intitulé « Does chocolate consumption really boost Nobel award chances? The peril of over-interpreting correlations in health studies« , dans lequel nous mettons en garde contre le risque de sur-interprétation de cette corrélation, et plus généralement contre les dangers liés à la simplification des résultats scientifiques en vue de leur diffusion vers un large public.

Plus spécifiquement, notre article insiste sur trois messages centraux :

  1. La concentration élevée en flavanols dans le cacao ne permet pas d’expliquer la corrélation entre consommation de chocolat et nombre de prix Nobel. En effet, nous montrons qu’aucune corrélation n’existe au sein des mêmes 23 pays entre d’autres aliments très riches en flavanols (en l’occurrence le thé et le vin rouge) et le nombre de prix Nobel, ce qui invalide l’hypothèse avancée dans l’article original. Ce résultat montre également la nécessité de corroborer une proposition par des analyses complémentaires avant de la diffuser à large échelle, même si elle semble a priori plausible.
  2. Une corrélation entre deux variables n’implique jamais une causalité, et il n’est jamais valide d’inférer un lien causal ou directionnel entre deux facteurs corrélés, même lorsqu’une explication vraisemblable semble pouvoir expliquer ce lien. En d’autres termes, la corrélation entre consommation de chocolat et nombre de prix Nobel ne signifie pas qu’un lien réel existe entre ces variables, ni qu’une des variables influe sur l’autre. Pour prouver ce principe par l’absurde, nous avons montré une corrélation entre le nombre de prix Nobel obtenus et le nombre de magasins IKEA au sein des 23 pays. Bien que cette corrélation soit encore plus forte que celle avec le chocolat, elle semble totalement fortuite et ne repose sur aucune relation causale. En effet, il serait farfelu de supposer qu’IKEA limite son marché aux pays ayant obtenu beaucoup de prix Nobel, ou à l’inverse que la nécessité de comprendre et d’appliquer les instructions de montage des meubles IKEA conduit à augmenter le niveau d’intelligence de la population d’un pays (et pourrait ainsi augmenter son nombre de prix Nobel).
  3. La corrélation entre deux variables peut ne pas être due à un lien direct entre elles, mais plutôt au fait qu’elles sont toutes deux liées à une troisième variable. Ainsi, nous montrons que tant la consommation de chocolat que le nombre de prix Nobel d’un pays sont fortement corrélés au produit intérieur brut de ce pays, c’est-à-dire à son niveau de développement économique. Cela suggère que la corrélation observée dans l’article initial pourrait être en partie expliquée par le fait que le chocolat, qui constitue un produit de luxe, serait davantage consommé dans les pays où le développement économique permet un financement optimal du système éducatif et de la recherche scientifique (ce qui augmente la probabilité d’obtenir des prix Nobel). Le développement économique d’un pays pourrait donc être une variable latente expliquant le lien observé entre chocolat et prix Nobel.

En conclusion, notre article souligne la nécessité d’interpréter correctement les résultats scientifiques avant de les diffuser vers un public large et non expert, puisque le risque de sur-interprétation ou d’interprétation erronée est toujours présent lorsqu’une découverte scientifique est réduite à un simple message percutant. Identifier les limites inhérentes aux données présentées et spécifier les implications correctes qui peuvent en être tirées est un préalable indispensable à la publication de messages ayant un fort impact potentiel sur les comportements du consommateur et la santé publique. Il est de la responsabilité des chercheurs et des journalistes scientifiques de ne pas diffuser des messages erronés ou simplistes vers le plus grand nombre, en particulier lorsque des questions de santé publique sont en jeu.

 

Contact :
Pierre Maurage, Alexandre Heeren et Mauro Pesenti, Institut de Recherches en Sciences Psychologiques, Université catholique de Louvain, Belgique.

 

La version complète de notre article est disponible via le lien suivant.

 

Exemple d’articles qui ont relayé l’article de Messerli sans le recul critique suffisant :

Heureusement, certains se sont avérés plus critiques :

By |15/05/2013|Categories: Actualités|1 Comment

Barry Schwartz : le paradoxe du choix

Vidéo du lundi 25/06/2012

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Le psychologue Barry Schwartz s’attaque à une pierre angulaire des sociétés occidentales: la liberté de choix. D’après lui, le choix ne nous a pas rendus plus libres mais plus paralysés, pas plus heureux mais plus insatisfaits.


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Langue : anglais sous-titré français | Durée : 19:40 | Type : Conférence

Catégories : Psychologie cognitive, Psychologie sociale

Production : TED

Pourquoi cette jolie fille au bar ne vous sourit pas

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article Why that cute girl at the bar isn’t smiling at you publié sur le site Peer-reviewed by my neurons le 14 mai 2012 (trad. Kyung-Nan Jaumin).

Nous avons tous été dans cette situation où nous sommes complètement absorbés par une nouvelle publicité dans le métro et où nous remarquons soudain que le fou dans le coin semble vous sourire. Mais nous n’en sommes pas certains. Peut-être qu’il est simplement heureux de l’information publique à propos de la contraception qui se trouve à notre gauche. La mauvaise nouvelle, c’est qu’il n’y a aucun truc magique pour découvrir où il regarde. Et la très mauvaise nouvelle, c’est qu’une recherche montre que tout ce que vous pensez est susceptible d’être biaisé par l’expression faciale de cette personne. Plus précisément, nous avons tendance à penser que les visages souriants nous regardent et que les visages en colère se détournent de nous.

Cinquante-deux observateurs ont jugé où des visages regardaient en déplaçant le curseur d’une barre de mesure sur la position en question. Les visages affichaient une expression de colère, de bonheur, de peur ou une expression neutre et regardaient soit directement l’observateur, ou avaient subi une rotation de 2°, 4°, 6° ou 8° à gauche et à droite. Nous avons constaté que les visages heureux ont été interprétés comme dirigés davantage vers l’observateur, tandis que les visages de peur et de colère ont été interprétés comme regardant plus loin de lui. Les jugements étaient plus précis pour les visages neutres, suivis des visages heureux, en colère et craintifs. Ces résultats sont discutés dans le contexte du « biais de positivité autoréférentielle », qui suggère que les visages heureux sont interprétés de préférence comme dirigés vers soi, alors que les émotions négatives sont interprétées comme dirigées loin de soi.

Le bon côté des choses, c’est que, si vous remarquez une jolie fille dans un bar et qu’elle semble vouloir frapper quelqu’un dans votre direction, vous pouvez être relativement certain que c’est de vous dont il s’agit.

Je pense que ce serait intéressant de savoir quels mécanismes contrôlent ces interprétations biaisées des directions du regard. D’un point de vue évolutif, cela fait sens de penser que les visages heureux sont dirigés vers nous. Avoir un tel biais pourrait accroître les interactions avec les partenaires potentiels et entraîner une chance plus élevée de procréation.

Ce qui est moins logique, c’est la tendance à penser que les visages en colère sont dirigés loin de nous. Se protéger du danger est presque aussi important que se reproduire et, par conséquent, il semblerait adaptatif de surestimer le nombre de visages en colère regardant dans notre direction. Si ce grand Neandertal de l’autre tribu semble vous regarder d’un air menaçant, vous devriez considérer que c’est probablement le cas et vous enfuir. Ma supposition serait que la tendance à penser que les visages en colère ne sont pas dirigés vers nous est le résultat de compétences plus récentes en gestion des émotions. Sur le long terme, vous serez probablement plus heureux si vous estimez que tous les visages de peur et de colère que vous voyez n’ont rien à voir avec vous.

Référence de l’article scientifique original :

  • Lobmaier, J., Hartmann, M., Volz, A., & Mast, F. (in press). Emotional expression affects the accuracy of gaze perception Motivation and Emotion.
    [lien]

By |22/06/2012|Categories: Actualités|0 Comments

Cerveau : une affaire de sexe

Vidéo du lundi 18/06/2012

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Le professeur Simon Baron-Cohen a passé de longues années à travailler sur la différence entre le cerveau de l’homme et celui de la femme. «Systémisation» contre «empathisation», cette fracture permettrait ainsi de voir l’autisme comme «une forme extrême du cerveau masculin». Ce troisième et dernier volet de la série documentaire «Voyage au centre du cerveau» poursuit son analyse du centre neuronal humain à travers deux cas singuliers : celui de la jeune Temple Grandin, qui éprouvait des difficultés à parler mais «comprenait» parfaitement le langage des animaux, et celui de Christopher Taylor, incapable de se rendre seul au pub le plus proche mais capable de lire la presse dans plus de vingt langues.

Partie 1 sur 3


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Partie 2 sur 3


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Partie 3 sur 3


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Langue : français | Durée : 53:12 | Type : Documentaire

Catégories : Neurosciences

Production : Arte TV

Le cœur gouverne la tête quand nous prenons des décisions financières

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article The heart rules the head when we make financial decisions publié sur le site PsyPost le 22 mai 2012 (trad. Kyung-Nan Jaumin).

Selon une étude récente, nos « tripes » influencent nos décisions, l’emportant sur les pensées « rationnelles », lorsque nous sommes confrontés à des offres financières que nous considérons comme injustes. Même lorsque nous sommes certains de faire du profit, notre réaction physique peut nous rendre plus susceptibles de rejeter une proposition financière que nous considérons comme injuste.

La recherche menée par une équipe de l’Université d’Exeter – la Medical Research Council Cognition et Brain Sciences Unit – et l’Université de Cambridge a été publiée le 22 mai 2012 dans la revue Cognitive, Affective, and Behavioural Neuroscience.

Cette recherche s’ajoute à des preuves grandissantes que notre corps peut parfois régir notre façon de penser et de ressentir, plutôt que l’inverse. Elle révèle également que les personnes qui sont davantage en harmonie avec leur corps sont plus susceptibles d’être dirigées par leurs « tripes ».

L’étude se base sur un test psychologique bien connu, le jeu de l’ultimatum. On a présenté à 51 participants une série d’offres financières, basées sur différentes manières de diviser 10 £. Les joueurs rejettent souvent les offres injustes dans ce jeu, même si elles conduisent à des pertes financières personnelles – une décision « irrationnelle » d’un point de vue économique.

Les chercheurs ont mesuré les réponses physiques des participants à chaque offre en enregistrant dans quelle mesure ils transpiraient du bout des doigts et à quel pont leur rythme cardiaque était modifié. L’exactitude avec laquelle les participants pouvaient « écouter » leurs corps a été mesurée par une tâche différente, en leur demandant de compter les battements de leur cœur et en comparant leur réponse à l’enregistrement réel de leur fréquence cardiaque. Les personnes qui ont montré une réponse physique plus importante aux offres injustes étaient plus susceptibles de les rejeter, mais c’était uniquement le cas si les elles avaient aussi pu correctement « écouter » ce que leur corps leur disait.

Les résultats montrent que les personnes qui ont une forte « réaction instinctive » et qui sont en harmonie avec leurs réactions physiques sont plus susceptibles de rejeter les offres financières injustes, même si cette décision entraîne des pertes personnelles.

Le chercheur en charge de l’étude, le Dr. Barney Dunn de l’Université d’Exeter, a déclaré : « Cette recherche soutient l’idée que ce qui se passe dans notre corps peut parfois façonner la façon dont nos esprits pensent et ressentent. Des phrases de tous les jours comme « Suivez votre cœur » et « Faites confiance à vos tripes » peuvent souvent, semble-t-il, s’avérer exactes ».

« Les êtres humains sont très sensibles à l’injustice, et nous sommes parfois obligés de mettre en balance les exigences du maintien de la justice et la préservation de notre propre intérêt économique. À une époque où les idées d’équité dans le secteur financier – des primes des banquiers aux modifications apportées aux régimes des pensions – sont largement débattues, il est important de reconnaître pourquoi certains individus se rebellent contre l’injustice perçue, alors que d’autres personnes sont prêtes à accepter le statu quo ».

Référence de l’article scientifique original :

  • Dunn, B., Evans, D., Makarova, D., White, J., & Clark, L. (in press). Gut feelings and the reaction to perceived inequity: The interplay between bodily responses, regulation, and perception shapes the rejection of unfair offers on the ultimatum game. Cognitive, Affective, & Behavioral Neuroscience.
    [lien]

 

By |15/06/2012|Categories: Actualités|0 Comments
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Le cerveau et ses automatismes

Vidéo du lundi 11/06/2012

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La magie de l’inconscient

Des séquences animées en 3D prouvent que notre capacité de raisonnement atteint vite ses limites et peine à influencer nos comportements. Des objets banals tels que des allumettes et des chaises permettent des expériences surprenantes quand ils sont manipulés par des chercheurs.

Pour prouver le bien-fondé de leurs thèses, ces derniers n’hésitent pas à s’élancer sur une planche de surf ou à étudier les méthodes des prestidigitateurs. Autant de raisons de s’inquiéter parfois, notamment quand nous apprenons que notre cerveau prend les décisions sept secondes avant que nous en ayons conscience !

Un fascinant périple aux quatre coins du monde, de l’Australie à l’Allemagne en passant par les États-Unis et la Suède, pour observer nos neurones dans tous leurs états.

Le pouvoir de l’inconscient

À 90 %, les actes que nous entreprenons au quotidien se déroulent à notre insu, avec un cerveau en pilotage automatique… La conscience ne serait ainsi qu’une sorte de clap de fin qui se manifeste lorsque tout est déjà joué – un tour de passe-passe de notre cerveau pour nous faire croire que nous avons encore notre mot à dire.

L’amour est le domaine dans lequel nous sommes le plus assujettis à des automatismes inconscients, mais selon les individus, ce sont quatre cerveaux différents qui président au choix de l’élu(e).
Les ballets que dansent dopamine, sérotonine, testostérone, oestrogènes, endorphine et ocytocine dans notre tête ne peuvent que nous la faire perdre. La grande distribution qui, elle, a les pieds sur terre, a sollicité les neurosciences pour comprendre et faire fructifier nos humeurs « acheteuses ».

D’autres experts étudient la part d’intuition qui intervient chez des personnes en état de stress devant une table de casino ou chez des pilotes devant un simulateur de vol.


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Langue : français | Durée : 01:26:06 | Type : Documentaire

Catégories : Neurosciences

Production : Arte TV

By |11/06/2012|Categories: Vidéos, Vidéos du lundi|0 Comments

Ces gens qui vous font vraiment frissonner

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article Creepy people leave you cold publié sur le site Scientific Americanle 7 mai 2012 (trad. Kyung-Nan Jaumin).

Une personne socialement maladroite ou inappropriée peut amener les autres à ressentir plus de froid physique.

Jack Nicholson jouant le concierge fou dans The Shining me donne envie d’attraper une couverture. Une étude vient maintenant de conclure que les personnes que nous trouvons, disons, bizarres peuvent réellement nous donner froid. La recherche sera publiée dans la revue Psychological Science.

Les chercheurs ont interrogé 40 étudiants universitaires. Lors de chaque interaction, l’expérimentateur était soit copain avec l’étudiant soit très raide et professionnel. L’enquêteur alternait également entre l’imitation des attitudes des étudiants — un signal de bonne entente — et le fait de ne rien faire du tout.

Les participants ont ensuite complété un questionnaire visant à voir dans quelle mesure ils avaient chaud ou froid. Les résultats ont montré que les participants avaient réellement froids lorsque l’enquêteur agissait de façon inappropriée ou envoyait des signaux mitigés.

Les chercheurs font l’hypothèse que, du fait que le cerveau essaie d’interpréter simultanément les signaux sociaux et ceux qui sont purement physiques, les gens associent inconsciemment les regards glacials et les interactions froides avec une froideur physique réelle.

Dès lors, la prochaine fois que vous avez à rendre visite à votre médecin qui a une réceptionniste un peu louche, apportez un chandail.

Référence de l’article scientifique original :

  • Leander, N. P., Chartrand, T. L., & Bargh, J. A. (in press). You give me the chills: Embodied reactions to inappropriate amounts of behavioral mimicry. Psychological Science.
    [lien]

By |08/06/2012|Categories: Actualités|0 Comments

Peut-on manipuler la mémoire ?

Vidéo du lundi 04/06/2012

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Dans la série télévisée Dollhouse, la mémoire des personnages est reprogrammée en fonction des besoins de la mystérieuse organisation qui les emploie. L’occasion de demander à Pascale Gisquet-Verrier, chercheuse en neurosciences, s’il est réellement possible de manipuler la mémoire…


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Langue : français | Durée : 7:00 | Type : Interview

Catégories : Psychologie générale, Psychologie cognitive

Réalisation : Romain Nigita | Production : Universcience, 8 Art Media

By |04/06/2012|Categories: Vidéos, Vidéos du lundi|0 Comments

Une étude suggère une différence de genre dans le harcèlement homophobe

Cet article est une traduction/adaptation française de l’article Study suggests gender gap around homophobic bullying publié sur le site PsyPost le 2 mai 2012 (trad. Kyung-Nan Jaumin).

Une nouvelle étude publiée dans Educational and Psychological Measurement (une revue publiée par SAGE)  a montré qu’en matière de harcèlement homophobe, il pourrait exister un écart entre les genres.

Alors que les victimes de sexe masculin sont plus susceptibles d’être harcelées par des homophobes masculins, les victimes de sexe féminin sont harcelées de manière équivalente par les hommes et les femmes. En outre, les personnes interrogées dans le cadre de la recherche ont rapporté entendre peu de remarques verbales homophobes envers les hommes homosexuels en comparaison à d’autres formes non verbales de harcèlement homophobe.

« Une explication peut être que les formes verbales d’agression homophobe envers les hommes (soi-disant) gays … sont les plus fréquentes et, par conséquent, peuvent être perçues comme « normales » », écrit l’auteur Gabriele Prati.

Sur la base d’une enquête réalisée auprès de 863 étudiants, Prati a récolté des données auprès de harceleurs d’étudiants perçus comme lesbiennes, gays, bisexuels ou transsexuels (LGBT), de témoins d’incidents de harcèlements homophobes, et de victimes. 10 % des étudiants interrogés ont été considérés comme harceleurs homophobes parce qu’ils ont déclaré s’engager dans des comportements d’intimidation basés sur des préjugés sexuels au moins une fois par semaine. 3,5 % des étudiants ont été considérés comme victimes de harcèlements homophobes parce qu’ils étaient harcelés par des harceleurs homophobes au moins une fois par semaine.

L’étude a également permis de créer un nouvel outil : l’Homophobic Bullying Scale. Cette échelle enregistre et mesure toutes les formes d’intimidation motivées par l’homophobie au-delà des simples injures traditionnelles. L’Homophobic Bullying Scale inclut l’intimidation physique, la destruction de biens, le harcèlement sexuel, le cyber-harcèlement et l’intimidation relationnelle, comme la propagation de rumeurs et l’ignorance silencieuse.

Le chercheur a montré que les précédents outils qui mesuraient les incidents d’harcèlement en général ne pouvaient pas capturer les nuances de l’homophobie en particulier.

« L’utilisation de mesures non spécifiquement conçues pour les harcèlements homophobes pourrait amener à les sous-estimer », écrit Prati. « Les items de l’Homophobic Bullying Scale ont été créés pour mesurer les comportements de harcèlement des élèves du lycée motivés par l’homophobie, y compris le harcèlement verbal ».

Référence de l’article scientifique original :

  • Prati, G. (in press). Development and psychometric properties of the Homophobic Bullying Scale. Educational and Psychological Measurement.
    [lien]

By |01/06/2012|Categories: Actualités|0 Comments

Moi Jane, toi Tarzan

Vidéo du lundi 28/05/2012

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Les hommes ne perdent pas le nord et les femmes ont une mémoire infaillible. Au-delà des clichés, les différences entre les comportements masculin et féminin sont bien réelles. La faute aux hormones ou à l’éducation ? A travers des tests et les explications de spécialistes, Specimen traque nos disparités.

A part celles, évidentes, de la morphologie, les différences entre les hommes et les femmes sont nombreuses. Statistiquement, Madame a un vocabulaire plus riche tandis que Monsieur est meilleur en géométrie. Toujours selon les chiffres, elle est plus sensible aux troubles alimentaires – les anorexiques sont en nette majorité féminines – et il a plus souvent du mal avec les mots : 4 bègues sur 5 sont masculins. Specimen propose de revisiter certains stéréotypes à travers toute une série de tests. Quatre hommes et quatre femmes ont joué le jeu. Les résultats sont surprenants.

Quelles différences homme/femme relèvent de l’inné ou de l’acquis ? Quel est le rôle de l’éducation ou celui des hormones dans notre façon de nous « sexuer » ? A travers les explications de nombreux spécialistes, nous verrons ce qui induit le masculin et le féminin. Avec même une incursion chez les singes. Une étonnante recherche montre une préférence des mâles pour les camions et un intérêt plus marqué des femelles pour les poupées. Vous avez dit cliché ?


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Langue : français | Durée : 1:02:49 | Type : Documentaire, Expérience

Catégories : Psychologie générale, Psychologie sociale, Psychologie du développement

Réalisation : Emission Specimen | Production : RTS.ch

By |28/05/2012|Categories: Vidéos, Vidéos du lundi|0 Comments